Le paysage des investissements à Madagascar entre dans une nouvelle phase de structuration. La Chambre de commerce et d’industrie France-Madagascar (CCIFM) et l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM) ont officialisé, le 15 avril à Antaninarenina, un protocole d’accord stratégique. Cette alliance vise à coordonner les efforts de promotion des opportunités locales auprès des opérateurs internationaux. Selon les données de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), bien que les flux d’investissements directs étrangers (IDE) mondiaux soient volatiles, Madagascar cherche à stabiliser sa trajectoire en s’appuyant sur des réseaux d’affaires établis, la CCIFM regroupant aujourd’hui plus de 450 entreprises.
L’accord repose sur la mise en place d’un accompagnement technique pour les entreprises, couvrant les phases d’implantation, d’extension et de réinvestissement. L’EDBM, rattachée à la présidence de la République, apporte sa fonction de facilitateur administratif, tandis que la CCIFM mobilise son expertise sectorielle. “Ce partenariat nous permet de structurer davantage l’appui aux entreprises françaises et internationales, en facilitant leur intégration dans le tissu économique malgache”, explique Johanne Raharinosy, présidente de la CCIFM. L’objectif étant de transformer les intentions d’investissement en projets concrets et pérennes pour le pays.
Un levier technique majeur de cette convention est la création d’une cellule de veille économique et stratégique. Ce dispositif partagé permettra un échange constant d’informations sur les évolutions réglementaires et les opportunités de marché. “La mutualisation de nos données et de nos expertises renforce notre capacité à orienter les investisseurs vers les secteurs prioritaires de l’économie nationale”, rajoute Josielle Rafidy, directrice générale de l’EDBM, en soulignant l’importance de cette approche basée sur l’intelligence économique vise à réduire les asymétries d’information qui freinent parfois les opérateurs étrangers.
Enfin, l’accord prévoit une collaboration avec des acteurs comme Business France pour organiser des missions économiques et des événements de promotion. En ciblant le dialogue public-privé, l’EDBM et la CCIFM entendent améliorer le climat des affaires. À Madagascar, où le secteur privé est le moteur de la croissance, cette coordination institutionnelle est un signal envoyé aux marchés pour rassurer sur la continuité du suivi des investissements. La finalité demeure l’augmentation de la contribution des IDE et des IDN au produit intérieur brut (PIB) malgache par une professionnalisation des services d’accueil.
