Le rideau tombe sur les Xe Jeux des îles de l’océan Indien qui se sont tenus à Maurice. L’heure est maintenant au bilan, avec des fortunes diverses pour les 14 disciplines présentes à Maurice, du 19 au 28 Juillet. Avec 48 médailles d’or, 47 en argent et 32 en bronze, et un total de 127 breloques, Madagascar s’est classé deuxième. Mais la Grande île s’est retrouvée loin du pays hôte qui a raflé 221 médailles, dont 92 avec la plus belle des couleurs.
Globalement, la Grande île arrive à améliorer ses performances par rapport à la précédente édition. Elle a fait tomber douze médailles d’or de plus dans son escarcelle que lors des Jeux à La Réunion en 2015, Madagascar gagne ainsi au passage une place au classement général. À priori, les résultats sont conformes aux attentes des dirigeants. Un mois avant les Jeux, Rosa Rakotozafy, directeur général des sports au sein du ministère de la Jeunesse et des sports, avait indiqué qu’« une cinquantaine d’athlètes a été envoyée en Chine pour poursuivre des stages, afin de rapporter plus de médailles ».
Sylvain Ranjalahy, journaliste, estime pourtant que Madagascar « aurait dû remporter plus de médailles, s’il y avait une bonne organisation et une bonne préparation ». En outre « le budget des JIOI devrait être fixé dès le départ, pour que les athlètes puissent se préparer dans de bonnes conditions, et obtenir de bons résultats», observe-t-il.
À voir de plus près les résultats, le contraste est saisissant concernant la performance des athlètes au niveau de chaque discipline. L’haltérophilie et l’athlétisme se trouvent aux premiers rangs des grands gagnants de la compétition. Ces deux disciplines ont rapporté 42 médailles d’or à la délégation malgache, soit près de 87% des médailles avec la plus belle des couleurs, dont 24 pour la délégation malgache en haltérophilie. Comme à l’accoutumée, l’athlétisme reste une discipline permettant à Madagascar d’améliorer ses statistiques, en récoltant 18 breloques avec la plus belle des couleurs.
Harinelina Randriamanarivo, président de la Fédération malgache l’haltérophilie explique que cette performance est le fruit d’une longue préparation. « Ces athlètes ont déjà eu quatre ans de préparation avant ces jeux, en passant par la Coupe d’Afrique et de nombreux tournois internationaux », argue-t-il. Pour Sylvain Ranjalahy, la performance des haltérophiles n’est pas anodine dans la mesure où « ces athlètes sont d’un niveau mondial et sont classés parmi les meilleurs en Afrique ». « D’ailleurs, l’objectif de l’haltérophilie est lié aux Jeux olympiques, tandis que les JIOI ne sont qu’une étape de préparation pour eux », détaille-t-il.
Cependant, « l’athlétisme aurait dû remporter plus médailles s’il y avait plus d’athlètes envoyés à Maurice », toujours selon Sylvain Ranjalahy. « Il y avait un coureur qui participait à quatre compétitions différentes en une journée, alors qu’on sait qu’avec la voile et le badminton, la chance de médaille est presque impossible », regrette-t-il.
La natation figure également dans la liste de la déception, du moins au niveau des résultats bruts. Les nageurs malgaches n’ont remporté qu’une médaille d’argent et une en bronze. Dans cette discipline, les meilleurs compétiteurs sont envoyés disputer le championnat du monde. Bako Ratsifandrihamanana, recordwoman d’Afrique et quadruple médaillée d’or des Jeux des îles, déplorent le déficit structurel au niveau sa discipline favorite.
Pour ce qui est des sports collectifs, le basket-ball, les athlètes masculins et féminins arrivent à accrocher l’or dans leurs tableaux de chasse, tout comme les « Maki » pour le rugby à sept. Ce qui n’est pas le cas du football, dont l’équipe nationale a trébuché dès la phase de poules, coûtant au passage la tête de l’entraîneur, Romuald Rakotondrabe, dit Rôrô, celui-ci respectant sa parole en démissionnant de son poste, après la mauvaise performance de ses protégés. Cette contre-performance illustre les propos de Sylvain Ranjalahy en matière de mauvaise organisation durant la préparation.
À noter un autre fait marquant durant les Jeux. La délégation malgache n’a pas réussi à décrocher l’organisation des XIe JIOI, et ce, malgré la présence du président de la République, Andry Rajoelina, en terre mauricienne, pour soutenir le dossier malgache tout en supportant les athlètes. La Grande île a été supplantée par les Maldives qui auront donc l’honneur d’accueillir les prochains Jeux en 2023.
Crédit photo L’express de Maurice
