“Le tarif douanier zéro à l’égard de 100 % des produits en provenance de Madagascar est une mesure préférentielle unilatérale prise par la Chine pour ouvrir son marché à Madagascar, offrant ainsi un nouvel élan aux exportations malagasy vers la Chine”. C’est l’un des messages forts de l’ambassadeur de Chine à Madagascar, Ji Ping, à l’approche de la 4ᵉ Exposition économique et commerciale sino-africaine prévue du 12 au 15 juin à Changsha. Dans un contexte mondial incertain, la Chine renforce ses partenariats stratégiques sur le continent africain, et Madagascar y occupe une place croissante. Coopération commerciale, exonération douanière, investissements dans les secteurs clés, perspectives agricoles : l’ambassadeur revient sur les avancées concrètes de la relation sino-malagasy et les opportunités qui s’ouvrent pour l’économie de la Grande Île.
La 4e édition de l’Exposition économique et commerciale sino-africaine se tiendra bientôt à Changsha, dans la province du Hunan, mais les Malgaches en savent encore peu sur cet événement. Pourriez-vous nous la présenter ?
Depuis sa création en 2019, l’Exposition économique et commerciale sino-africaine joue un rôle essentiel en tant que nouveau mécanisme de coopération économique et commerciale Chine-Afrique, nouvelle plateforme de mise en œuvre de la coopération pragmatique et nouvelle fenêtre pour la coopération chinoise décentralisée avec l’Afrique. Tous les deux ans, des représentants d’entreprises venus d’Afrique et des régions de Chine se retrouvent à Changsha. Grâce à cette plateforme, les produits africains sont présentés aux consommateurs chinois, tandis que les milieux d’affaires sino-africains y trouvent de nouvelles opportunités de coopération. Lors des trois éditions précédentes, l’Exposition a accueilli plus de 4 600 entreprises et près de 40 000 participants venus des 53 pays africains avec lesquels la Chine a établi des relations diplomatiques. 336 projets ou accords de coopération ont déjà été signés, pour une valeur totale de 53,32 milliards de dollars.
Ces dernières années, sous le pilotage stratégique des chefs d’État chinois et africains, la coopération économique et commerciale sino-africaine a enregistré de nouveaux progrès constants. Le Sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) en septembre dernier a apporté une impulsion immense à cette dynamique. Du 12 au 15 juin prochain, la 4e édition de l’Exposition économique et commerciale sino-africaine se tiendra à Changsha. À ce jour, 44 pays africains, 6 organisations internationales, 23 provinces, régions autonomes et villes chinoises, ainsi que plus de 2 800 organisations commerciales sino-africaines se sont inscrits, et plus de 12 000 personnes y participeront. Durant l’Exposition, 128 projets de coopération seront signés pour un montant total de plus de 7 milliards de dollars. On assistera également à la publication du Livre bleu de la coopération économique et commerciale sino-africaine : Le développement économique et commercial sino-africain 2025 et à l’inauguration du Centre sino-africain de procès de la Commission d’arbitrage de l’économie et du commerce international de Chine. Tous ces éléments marquent cette Exposition comme un rendez-vous fructueux entre la Chine et l’Afrique.
Qu’est-ce qui va distinguer cette quatrième édition des éditions précédentes ?
Sous le thème « La Chine et l’Afrique : Ensemble vers la modernisation », cette Exposition se distingue des éditions précédentes par des caractéristiques plus professionnelles, plus authentiquement africaines et plus spécialisées. Les consommateurs et fournisseurs chinois y découvriront plus de 800 produits de qualité et typiques venus d’Afrique, tels que l’agneau de Madagascar, la sauce au piment de Namibie, les fleurs fraîches du Kenya, etc. 25 pays africains, dont Madagascar, disposeront de stands pour présenter leurs produits emblématiques. De nouveaux espaces thématiques seront également établis pour la première fois, tels que l’Exposition des marques renommées, le Pavillon de l’industrie de la mode et la Zone d’exposition culturelle et touristique sino-africaine. En parallèle, plus de 20 événements de coopération économique et commerciale seront organisés, et l’Exposition s’engage à promouvoir durablement la marque des produits africains de qualité et à accroître leur notoriété à travers des activités en ligne et en présentiel, telles que la « Saison d’achats des produits africains en ligne » et les « Magasins éphémères de produits africains ».
On peut dire que cette Exposition est l’un des événements les plus importants de l’année dans les échanges économiques sino-africains. Dans cette période critique pour l’économie mondiale, marquée par de nombreuses incertitudes, je suis convaincu que le vaste marché que la Chine possède, dont la valeur totale atteint 48 000 milliards de yuans (soit environ 6 670 milliards de dollars), représentera une nouvelle opportunité plus large, plus inclusive et plus prévisible pour les pays africains, y compris Madagascar.
En tant que l’un des principaux partenaires commerciaux de Madagascar, pourriez-vous nous présenter la situation du commerce entre la Chine et Madagascar en 2024 ?
Depuis 2015, la Chine est le premier partenaire commercial et la principale source d’importations de Madagascar pendant dix années consécutives. La forte complémentarité économique entre nos deux pays a favorisé un développement du commerce bilatéral mutuellement bénéfique. En 2024, les échanges commerciaux sino-malagasy ont maintenu une dynamique positive. Selon les statistiques des douanes chinoises, le volume du commerce bilatéral a atteint 1,68 milliard de dollars, poursuivant son expansion. Au premier trimestre 2025, le commerce bilatéral s’est élevé à 390 millions de dollars. Les importations chinoises en provenance de Madagascar ont augmenté de 13,8 %, un rythme nettement supérieur à celui des exportations chinoises vers Madagascar. Des produits agricoles comme le girofle et les produits de la mer tels que les crevettes remportent un grand succès sur le marché chinois. En septembre 2024, la viande d’agneau malagasy a été exportée pour la première fois vers la Chine, marquant l’ouverture de ce nouveau marché. La diversité continue de s’enrichir et la structure du commerce bilatéral s’optimise sans cesse.
Depuis 2024, la Chine applique le tarif douanier zéro à l’égard de 100 % des produits en provenance de Madagascar. Comment cette mesure a-t-elle aidé les exportations des produits malagasy, en particulier celles des produits agricoles ?
Depuis le 1er décembre 2024, la Chine applique la politique du tarif douanier zéro à l’égard de 100 % des produits en provenance de Madagascar. Il s’agit d’une mesure préférentielle unilatérale prise par la Chine pour ouvrir son marché à Madagascar, offrant ainsi un nouvel élan aux exportations malagasy vers la Chine. Aujourd’hui, les produits phares de Madagascar tels que la vanille, le girofle, l’agneau et les produits de la mer bénéficient pleinement de cette exonération tarifaire, ce qui renforce considérablement leur compétitivité sur le marché chinois. Depuis la mise en œuvre de cette politique, les produits malagasy se démarquent davantage face à la concurrence, étant préférés par les consommateurs chinois. À l’avenir, nous prévoyons une croissance continue des exportations malagasy vers la Chine, générant plus de revenus pour les entreprises et les producteurs malagasy, tout en offrant aux consommateurs chinois des produits emblématiques de Madagascar de qualité. Cette dynamique profitera sans aucun doute aux deux peuples.
La Chine a intensifié ses investissements à Madagascar dans les secteurs du textile et de l’infrastructure, etc. Pourriez-vous nous présenter la situation des investissements des entreprises chinoises dans la Grande Île et leur contribution au développement du pays ?
Les investissements chinois à Madagascar connaissent une croissance soutenue. D’après les données chinoises, à la fin de l’année 2023, le stock des investissements chinois à Madagascar a atteint 250 millions de dollars, principalement dans les secteurs de l’agriculture, du textile, de la manufacture, des infrastructures, de la digitalisation et des télécommunications. Depuis le Sommet de Beijing du FOCAC, les entreprises chinoises manifestent un fort intérêt pour Madagascar, notamment dans les domaines de l’agriculture, de l’énergie photovoltaïque, de l’industrie manufacturière et des services. Les entreprises chinoises installées à Madagascar s’engagent dans la responsabilité sociale. Elles créent des emplois, forment la main-d’œuvre locale et contribuent à la modernisation des filières. Par exemple, l’entreprise King Deer Cashmere emploie un grand nombre de travailleurs locaux, tout en investissant dans leur formation et leur renforcement des capacités. Elle a même mis en place un atelier de langue chinoise pour favoriser la communication entre employés chinois et malagasy, et promouvoir la coopération en matière de formation professionnelle. Dans le secteur des infrastructures, les entreprises chinoises, à travers la construction de routes et de ports, ont également formé de nombreux techniciens et professionnels malagasy, contribuant ainsi concrètement au développement économique et social du pays.
Dans le cadre de sa stratégie de diversification des marchés pour les produits agricoles, le gouvernement de Madagascar a exprimé sa volonté d’accéder davantage aux marchés asiatiques. Dans le contexte mondial avec de nombreuses incertitudes, quelles perspectives voyez-vous pour l’évolution du partenariat commercial entre la Chine et Madagascar dans les années à venir ?
Les économies chinoise et malagasy sont hautement complémentaires, ce qui augure d’un avenir prometteur pour le commerce bilatéral. D’un côté, la Chine, deuxième plus grand marché de consommation au monde, voit sa demande croître et se diversifier. Les produits agricoles typiques de Madagascar – tels que la vanille ou les produits de la mer – y sont particulièrement appréciés. Par ailleurs, des produits comme l’arachide, le haricot mungo, le litchi, la noix de coco ou le cacao présentent un fort potentiel d’exportation vers la Chine. Dans les années à venir, les deux pays renforceront leur coopération pour permettre à davantage de produits agricoles malagasy d’accéder au marché chinois, stimulant ainsi la croissance des exportations. D’un autre côté, la Chine continue de fournir à Madagascar des matières premières pour le textile, des équipements, des produits électromécaniques, qui soutiennent l’industrialisation du pays. Les produits de consommation chinois, à la fois abordables et de qualité, contribuent également à améliorer le niveau de vie des Malagasy. Face aux incertitudes de l’économie mondiale, le partenariat sino-malagasy fait preuve d’une grande résilience et d’un dynamisme remarquable. Nous sommes convaincus qu’avec les efforts conjoints des autorités des deux pays, le commerce bilatéral continuera à progresser, notre coopération se renforcera encore davantage, au bénéfice de nos deux peuples.














