La planification familiale n’est pas seulement une question de santé. C’est un véritable levier de développement pour Madagascar. Lors d’une table ronde réunissant des hautes autorités du pays et les partenaires techniques et financiers, la mobilisation des fonds domestiques était au cœur des échanges. Josiane Yaguibou, représentante résidente de l’UNFPA à Madagascar, rappelle que l’investissement dans la planification familiale n’est pas une dépense, mais une économie qui peut sauver des milliers de vies et renforcer le capital humain du pays.
Pourquoi cette table ronde sur la planification familiale est importante ?
Je trouve que c’est une excellente opportunité qui a mobilisé l’engagement aussi bien du ministère de la Population et des solidarités que du ministère de la Santé. Cette mobilisation a été faite au plus haut niveau, avec les deux ministres, ce qui démontre un engagement très fort pour ce type d’activité et de mobilisation de fonds.
Quels sont les avantages de mobiliser des fonds domestiques pour la planification familiale ?
L’un des avantages, c’est vraiment les économies que cela peut générer. Il faut considérer que l’investissement dans la planification familiale n’est pas une dépense, mais plutôt une économie qui correspond à plusieurs millions d’ariary si cette mobilisation de fonds domestiques est réalisée correctement. »
Quel impact cet investissement peut-il avoir sur la vie des Malgaches ?
« En termes de vie humaine, nous pouvons estimer à 44 000 le nombre de décès maternels qui seront évités et à 590 000 le nombre de décès infantiles qui seront évités. Cela correspond à des personnes qui pourront contribuer activement à l’économie et au développement du pays. C’est donc un véritable investissement dans le capital humain de Madagascar.
Comment évaluez-vous l’engagement du gouvernement malgache dans ce domaine ?
Il est extrêmement important que le gouvernement malgache puisse continuer à investir des fonds domestiques. C’est l’occasion de féliciter le gouvernement, car depuis plusieurs années, la mobilisation des fonds domestiques a été faite à des niveaux très importants. »
« Près de 15 millions de dollars ont été mobilisés au cours des deux dernières années pour l’achat de contraceptifs. Cette mobilisation a été saluée par les plus hautes autorités du fond des Nations Unis pour la population (UNFPA), car Madagascar fait partie des rares pays ayant atteint ce niveau de mobilisation. »
Quel rôle jouent les partenaires internationaux dans cet effort ?
C’est vraiment important que le gouvernement puisse continuer à mobiliser les partenaires, dont l’UNFPA, chef de file en matière de planification familiale, mais aussi d’autres institutions financières comme la Banque mondiale, qui contribuent à travers leurs appuis au pays à l’achat de contraceptifs à travers leurs mécanismes de financement.
Où en est-on en matière d’accès aux contraceptifs ?
« Actuellement, 49 % de la population en âge de procréer, c’est-à-dire de 15 à 49 ans, ont accès à des contraceptifs et à des méthodes modernes. L’objectif est d’atteindre 60 %. Pour qu’il soit atteint, il faut que cet investissement soit maintenu, que le gouvernement continue à être mobilisé et qu’il continue à nous mobiliser, en tant que partenaires pour les appuis pour atteindre cet objectif extrêmement important. »














