Antananarivo, 3 Mai, 9h45 – Des questions qui se veulent interpellatrices. L’avocat d’Ahmad Ahmad attire l’attention de l’opinion sur l’implication de son client dans une affaire foncière à Soalala, ayant conduit à la convocation devant le Bureau indépendant de lutte anti-corruption de l’ancien président de la Confédération africaine de football (CAF) et ancien ministre.
« La question se pose. L’enquête menée sur le président Ahmad Ahmad est-elle opportune ? Est-ce que c’est nécessaire ou on veut juste utiliser son nom dans un dossier que ne le concerne même pas ? », se demande Maître Ulysse, à la sortie du bureau du Bianco, à Mahajanga, mardi.
Selon l’avocat, son client « n’a rien à voir » avec le dossier. « Dans la convocation, il est qualifié de personne soupçonnée alors qu’il n’est pas concerné par cette affaire foncière à Soalala », argue-t-il. « Nous ne pouvons pas nous étaler sur le dossier dans la mesure où l’enquête suit son cours », souligne-t-il. Il rappelle néanmoins que l’affaire fait « suite à une dénonciation anonyme contre le maire de Soalala [sur un dossier foncier] et dans laquelle on affirme que le président Ahmad avait bénéficié des avantages. Mais il n’y a aucune preuve pour l’attester », poursuit Maître Ulysse.
Ahmad Ahmad affirme qu’il avait mis fin à un projet d’acquisition de terrain à Soalala où une construction d’hôtel était en projet après qu’un prétendu propriétaire du terrain lui a demandé de l’argent. « Le député élu à Soalala m’avait sollicité pour cette construction », réitère l’ancien ministre. C’est dans la facilitation de la régularisation du dossier que le maire de la ville est poursuivi dans l’affaire.
L’ancien membre du gouvernement ne cache pas que la manière dont l’affaire est gérée l’a blessée. « D’habitude, ce sont les membres de la famille qui viennent accueillir les gens qui rentrent de pèlerinage. C’est une fierté pour tout le monde. Cette fois-ci, ce sont des gens qui m’apportent une convocation qui m’ont accueilli », déplore celui qui assure n’avoir rien à se reprocher.
Des habitants de Mahajanga sont venus dans les environs des locaux du Bianco lors de l’audition de l’ancien président de la CAF. Des éléments des forces de l’ordre ont été déployés pour quadriller le terrain.
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