Deux anciens hauts responsables de l’Etat envoyés en prison. Accusés de “crimes contre la sûreté intérieure de l’Etat”, l’ancien ministre de l’Éducation nationale, Paul Rabary, et l’ancien secrétaire général du ministère du Tourisme et de l’artisanat, Yves Maurice Rakotoniaina, sont placés en détention préventive après leur comparution devant le parquet d’Antananarivo, vendredi. Ils sont, entre autres, soupçonnés d’avoir “planifié et préparé des actions de perturbations de l’ordre public afin d’aboutir à l’assassinat de hauts responsables de l’Etat et à des affrontements meurtriers entre Malgaches”, si l’on en croit le premier substitut du procureur du tribunal d’Antananarivo.
Les deux personnalités font également face à des accusations de “propagation de fausses nouvelles visant à induire le public en erreur et à troubler la paix publique” tel que prévu par la loi sur la communication médiatisée et d’associations de malfaiteurs. “Elles ont constitué un groupe destiné à exécuter ces projets” de renversement des institutions en place, précise le magistrat. Celui-ci évoque également des “réunions clandestines dans de nombreux endroits à Antananarivo”.
Dans sa déclaration vidéo diffusée sur la page Facebook du ministère de la Justice, le premier substitut du procureur rapporte l’existence d’éléments à charge et de preuves découverts dans le téléphone des suspects, dans leur voiture et dans leurs bureaux. Il parle notamment d’échanges sur WhatsApp, d’argent liquide en ariary et en euro, mais aussi des documents écrits évoquant l’état de distribution de sommes d’argent. “Les interrogatoires effectués sur les suspects durant les enquêtes ont révélé des contradictions sur leur version des faits”, indique-t-il encore.
À l’issue des enquêtes, le juge d’instruction a ordonné le placement d’Yves Maurice Rakotoniaina à la maison de force de Tsiafahy et celui de Paul Rabary à la maison centrale d’Antanimora en attendant leur procès. Des mandats d’arrêt ont par ailleurs été émis à l’encontre d’autres complices présumés impliqués dans cette affaire qui n’ont pas encore été déférés devant la justice, souligne le magistrat.














