Antananarivo, 17 Novembre, 6h50 – Lanceur d’alerte ou auteur de diffamation et de troubles à l’ordre public ? La justice est en train de délibérer sur le cas de Ravo Nambinina Ramasomanana, ancien agent du ministère de la Santé qui avait dénoncé en Avril 2021 ce qu’il qualifiait de détournements de fonds et d’actes de corruption au sein du ministère de la Santé publique. Le procès s’est tenu lundi à Anosy et le verdict devrait être rendu le 29 Novembre prochain.
Interpellé après avoir publié sa vidéo accusatrice, Ravo Nambinina Ramasomanana avait d’abord été poursuivi pour cybercrime et diffamation. Devant la justice, les charges ont changé et l’ancien fonctionnaire est désormais accusé d’acte et de manœuvre de nature à compromettre la sécurité publique, à occasionner des troubles politiques graves ou à provoquer la haine du gouvernement ou à inciter à enfreindre les lois du pays, infractions passibles de peine de prison.
Dans un communiqué publié lundi, des organisations de la société civile ont exprimé leur soutien à celui qu’elles qualifient de « dénonciateur » et de « lanceur d’alerte » et se sont dit « préoccupées par cette situation qui est loin d’être un cas isolé ». Elles disent se joindre à l’organisation Amnesty International pour demander « l’abandon des poursuites lancée contre Ravo Nambinina Ramasomanana et la protection des dénonciateurs et lanceurs d’alerte ». Elles appellent l’Etat à « cesser d’utiliser la justice et le système pénal pour réduire au silence les lanceurs d’alerte ».
Les signataires du communiqué réclament, par la même occasion, l’examen et l’adoption de la loi sur les lanceurs d’alerte. Ils estiment que ceux-ci « contribuent grandement à la lutte contre la corruption et à la mise en place d’une justice réelle dans le pays en ouvrant une voie pour la découverte de vrais coupables ».














