Antananarivo, 24 Juin, 10h00 – Régler la question de la gouvernance. C’est un des principaux éléments qui permettraient à la Jirama de renouer avec les profits. La compagnie nationale d’eau et d’électricité a pour cela besoin d’un « manager » qui saura la gérer selon les règles de l’art, insiste Marie-Chantal Uwanyiligira de la Banque mondiale, dont le mandat en tant que représentante résidente de cette institution financière touche à sa fin en ce mois de juin.
Le processus de recrutement de ce « manager de redressement » avait déjà été lancé au mois de mai de cette année par le Gouvernement et le Conseil d’administration de la Jirama avec l’assistance de la Banque mondiale. Il s’agit de trouver la personne qui aura comme tâches principales de rétablir la santé financière de la Jirama et d’atteindre l’objectif du Plan émergence Madagascar en matière d’augmentation de l’accès à l’électricité.
La Jirama peut, selon Marie-Chantal Uwanyiligira, être une société rentable. C’est la raison pour laquelle des hauts responsables de cette société d’Etat malgache avaient été invitées dernièrement à voir l’expérience de la compagnie qui produit l’électricité au Rwanda. Cette compagnie rwandaise avait eu des pertes de 50% avec un taux de délestage de 20/24h en 2017, donc confrontée à plus de difficultés que la Jirama. Elle fait pourtant actuellement des profits, remarque cette ancienne représentante de la Banque mondiale à Madagascar.
Cette institution de Bretton Woods indique dans son document sur le Cadre de partenariat pays (CPF) 2023-2027 avec Madagascar que la Jirama avait atteint son seuil de rentabilité en 2009. Mais sa situation financière s’est dégradée au fil du temps. En 2022, cette compagnie malgache avait perdu 150 millions de dollars soit environ 604 milliards d’ariary. La raison était que la Jirama avait enregistré un déficit de vente de 0,11 dollar par kWh pour un coût de production moyen de 0,24 dollar par kWh. Aussi, pour une production annuelle d’électricité de 1900 GWh, elle a enregistré 28% de pertes techniques et un taux de récupération de 98%. Pour maintenir sa viabilité financière, la Jirama avait besoin d’environ de 100 millions de dollars de transferts gouvernementaux par an.
La Banque mondiale préconise alors dans son CPF des réformes dans le secteur de l’énergie, comme l’accélération de l’accès à l’électricité dans les zones rurales par le développement des activités de densification et d’extension du réseau, les mini-réseaux et les solutions hors réseau. Cette institution financière insiste également sur une transition énergétique pour réduire le recours aux combustibles fossiles importés et coûteux. Les réformes clés pour relever les défis de gouvernance et l’interface de la Jirama avec le secteur privé sont aussi nécessaires, tout en renforçant les capacités des institutions clés et la sensibilisation des opérateurs d’électrification rurale.














