Antananarivo, 12 Novembre, 15h25 – Lancement officiel de la mission d’observation de la communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) ce dimanche au Novotel Alarobia. Mais bien que la séance ait été dédiée à présenter le chef de la mission d’observation et les grandes lignes de l’observation qui sera menée, les représentants du collectif du candidat et de la plateforme de médiation menée par Christine Razanamahasoa ont sauté sur l’occasion pour exprimer leur position face au scrutin du 16 novembre.
“Vous n’êtes pas sans savoir que le collectif de 10 candidats que je représente boycotte l’élection du 16 novembre”, lance Maître Toki Ramilison, porte-parole du collectif à l’endroit des représentants du SADC. “En faisant cela nous voulons éviter une longue et violente crise post-électorale”, ajoute-t-il. Dans une déclaration lue à leur endroit, le collectif a notamment exposé les différentes raisons qui justifient leur position et demande à la SADC de les appuyer dans la mise en place d’un dialogue afin d’éviter la crise qui se profile.
Le professeur Raymond Ranjeva qui a représenté la plateforme de médiation a pour sa part remis en cause la “légitimité des institutions actuelles” notamment la Haute cour constitutionnelle (HCC), le Sénat et le gouvernement collégial. Pour lui, “toutes les décisions prises concernant l’organisation des élections sont inconstitutionnelles et illégales”. La plateforme craint aussi que la situation ne dégénère si l’élection venait à avoir lieu dans ces conditions.
En réponse aux plaintes, les représentants de la SADC ont indiqué “prendre note” des divers propos qui ont été tenus. “Nous tenons à clarifier que cette mission n’a aucun mandat légal pour reporter les élections”, indique le professeur Theletsane Kula, directeur de l’organe de coopération en matière politique, défense et sécurité de la SADC. “Tout ce qu’on peut faire c’est d’inviter tout le monde à venir vers nous durant la semaine, avant les élections (…) vos craintes seront notées et on fera un rapport”, ajoute-t-il.
Pour le représentant de la SADC, le mandat de la mission reste uniquement “l’observation et l’établissement d’un rapport”. “Nous entendons vos demandes concernant le report de l’élection mais nous n’avons aucun mandat pour cela”, ajoute-t-il. “Votre demande sur la mise en place d’un dialogue, nous pouvons le communiquer à nos supérieurs et on verra la suite”, ajoute-t-il. “Tout ce que nous demandons c’est d’avoir de l’espace pour le faire et on le fera de la meilleure manière possible et on ne vous laissera pas tomber”, conclut le représentant de la SADC.
En octobre, le comité ministériel de la Troïka de la SADC réuni le 26 septembre dernier a exhorté le président de la SADC à dépêcher une mission d’observation des élections à Madagascar mais aussi “à charger le groupe de Sages de se rendre sur la Grande île avant la tenue des élections”. Cette deuxième mission n’est pourtant finalement pas venue. Selon la ministre malgache des Affaires étrangères, Yvette Sylla, Madagascar étant entré en période électorale, seule une mission d’observation électorale devait venir sur la Grande île.
Durant l’événement de ce dimanche, le général de brigade Godfrey Miyanda, chef de la mission d’observation de la SADC a officiellement lancé la mission d’observation. L’équipe d’observation de la SADC compte 55 personnes issus de sept pays membres de la communauté sous régionale. Les observateurs ont été dispatchés dans les six provinces. La mission prévoit de partager une déclaration préliminaire de ses observations du premier tour le 18 novembre.













