MARCHE DES CHANGES – La possession de compte en devises bientôt limitée à quelques catégories de personnes, les autorités évoquent 494 millions de dollars de devises dormant dans des comptes en devises de résidents

Antananarivo, 14 Septembre, 6h35 – 494 millions de dollars « dorment » dans des comptes en devises de résidents à Madagascar. Cette somme importante pourrait pourtant contribuer à augmenter la valeur de l’ariary si elle était cédée sur le marché interbancaire de devises (MID), se désole le gouverneur de la Banque centrale de Madagascar(BCM), Henri Rabarijohn en marge de la conférence de presse relative aux conclusions de la deuxième revue du programme de Facilité élargie de crédit, mardi.

Pour « réveiller » ces avoirs, les autorités ont décidé de réduire la liste des personnes physiques et morales autorisées à détenir des comptes en devises. La modification du décret d’application du code de change a ainsi été décidée en Conseil des ministres le 7 Septembre dernier. « Seules certaines catégories de personnes devraient pouvoir ouvrir un compte en devises », explique Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison, ministre de l’Economie et des finances. « La liste de ces personnes sont dans le décret », ajoute-t-elle rappelant que « l’ancien texte autorisait toute personne physique ou morale à ouvrir un compte en devises auprès des banques primaires locales ».

Selon le ministère en charge des Finances, outre les sociétés exportatrices de biens et services, les non-résidents, les institutions financières et les bureaux de change, d’autres entités qui justifient la nécessité à partir de critères bien définis pourront être autorisées à détenir des comptes en devise dans une banque. Il peut s’agir d’importateurs pour la domiciliation et le paiement des opérations d’importation ou encore les organismes et associations dont les activités interviennent dans le cadre de projets conclus avec des partenaires étrangers ou certaines entreprises. Ceux qui ne sont pas sur la liste ont six mois pour procéder à la fermeture de leurs comptes en devises, indique Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison

Dans la foulée de cette décision, les autorités modifient également les dispositions relatives au rapatriement des devises. Ainsi, « selon le nouveau décret, si les opérateurs qui viennent de rapatrier leurs devises ne cèdent pas les 70% du montant rapatrié sur le marché interbancaire de devises dans les 30 jours prescrits par la loi, les banques ont l’obligation de procéder à la cession dès le 31ème jour », informe la ministre de l’Economie et des finances. Celle-ci explique que si l’ancien texte instituait l’obligation de rapatrier les devises et prévoyait leur cession dans les 30 jours du rapatriement, il était muet sur ce qui se passait si l’opérateur ne procédait pas à la cession.