Antananarivo, 6 Janvier, 9h40 – Le président vénézuélien déchu Nicolás Maduro a comparu lundi devant un tribunal fédéral à New York, où il a plaidé non coupable à plusieurs chefs d’accusation liés au trafic de drogue. Capturé deux jours plus tôt lors d’une opération militaire américaine à Caracas, il a affirmé devant le juge être un “prisonnier de guerre” et a dénoncé un “enlèvement”, tout en réaffirmant qu’il demeurait le président légitime du Venezuela.
Âgé de 63 ans, Nicolás Maduro s’est exprimé en espagnol à l’aide d’un interprète devant le juge du district sud de Manhattan. Il est inculpé de quatre chefs d’accusation, dont narcoterrorisme, conspiration pour importer de la cocaïne aux États-Unis, possession d’armes de guerre et conspiration en vue de les posséder. Son épouse, Cilia Flores, 69 ans, également poursuivie dans ce dossier, a elle aussi plaidé non coupable. Le couple n’a pas demandé de libération sous caution et reste détenu à New York en attendant une nouvelle audience fixée au 17 mars.
Les autorités américaines accusent Nicolás Maduro d’avoir mis l’appareil d’État vénézuélien au service d’un vaste réseau de trafic de cocaïne à destination des États-Unis, en lien avec des cartels criminels et des organisations armées. L’acte d’accusation vise également plusieurs proches du régime, dont le ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello et le fils du dirigeant déchu, Nicolás Maduro Guerra, qui n’ont pas été arrêtés. Depuis son arrivée aux États-Unis, Nicolás Maduro est incarcéré dans un centre de détention fédéral de Brooklyn.
Lors de l’audience, son avocat, Barry Pollack, a indiqué qu’il pourrait contester la légalité de l’arrestation et invoquer l’immunité souveraine liée à son ancien statut de chef d’État. Des experts en droit international rappellent toutefois que cette immunité dépend de la reconnaissance du statut de dirigeant par les autorités américaines, lesquelles considèrent l’élection de Nicolás Maduro comme frauduleuse.
Au Venezuela, la comparution de Nicolás Maduro a provoqué des réactions contrastées. À Caracas, des milliers de partisans ont manifesté pour réclamer sa libération, tandis que la vice-présidente sortante Delcy Rodríguez a prêté serment comme présidente par intérim, dénonçant une « agression illégitime » des États-Unis. Sur le plan international, plusieurs pays contestent la légalité de l’intervention américaine, présentée par Washington comme une opération de police, dans un contexte de fortes tensions diplomatiques autour de l’avenir politique et économique du Venezuela.














