Antananarivo, 4 Mars, 10h25 – Des ajustements à prévoir. La Banque centrale de Madagascar (BCM) est encouragée à se tenir prête à relever à nouveau ses taux d’intérêts pour contenir les pressions inflationnistes « si nécessaire ». Cette disposition est à prendre, non seulement pour contenir ces pressions, mais également pour limiter les interventions de change de la BCM au lissage de la volatilité et à la constitution de réserves de change. C’est un des points rapporté par la directrice générale adjointe du FMI, Antoinette Sayeh, à l’issue de la discussion du Conseil d’administration de cette institution financière lors de la troisième revue du programme sur la Facilité élargie de crédit (FEC) avec Madagascar.
Lors de la revue trimestrielle de la politique monétaire au mois de février de cette année, le comité monétaire de la BCM avait décidé de maintenir le taux des facilités de dépôt à 8,10% et le taux des facilités de prêt marginal à 10,10%. L’autorité monétaire malgache indique avoir pris cette décision après le constat que le resserrement de sa politique monétaire entre mai 2021 et octobre 2022 a contribué à limiter la progression de l’inflation.
Les banques commerciales se sont pourtant plaintes des problèmes de liquidité avec la montée très importante des taux directeurs de refinancement, opérée par la Banque centrale, notamment en 2022. Le taux des facilités de prêt marginal, c’est-à-dire le taux que les banques commerciales doivent payer si elles empruntent auprès de la Banque centrale, était passé de 7,2% au mois de novembre 2021, à 8,9% au mois d’août 2022 et à 10,10% au mois d’octobre.
Le vice-président de l’Association professionnelle des banques, Alexandre Mey, n’avait alors pas manqué d’appeler l’autorité monétaire à un dialogue « pour qu’il y ait une amorce de détente de ces taux ». Il avait expliqué que c’est la disponibilité de liquidité qui permettrait, dans le contexte actuel, aux banques commerciales de continuer à accompagner la consommation et contribuer à la lutte contre l’inflation qui est importée avec une devise plus forte.
La Banque centrale avait cependant déjà expliqué que des effets plus significatifs du resserrement de sa politique monétaire sur les prix, qui se situent encore à un niveau élevé, sont attendus pour les prochains mois. L’autorité monétaire avait alors indiqué qu’elle suivra attentivement l’évolution de la situation économique et se tiendra constamment prête à apporter les éventuels ajustements nécessaires.
Le Fonds monétaire international a par ailleurs insisté sur l’importance de l’adoption d’une loi sur la stabilité financière. Cette loi contribuerait à renforcer le rôle de réglementation et de surveillance de la banque centrale et à améliorer davantage la stabilité financière, selon Antoinette Sayeh du FMI.














