Antananarivo, 13 Octobre, 6h55 – 1970. Eusèbe Jaojoby a 15 ans. Il est à Antsiranana où ses parents l’ont envoyé poursuivre ses études. Mais parallèlement, il se lance dans une carrière musicale, animant des soirées dans les cabarets de la ville du Nord où les nuits ne s’arrêtent jamais.
50 ans plus tard, c’est dans son antre à Ambohipo, un peu une réplique tananarivienne des ambiances diégolaises, que les autorités du pays rendent hommage à celui qui est devenu entre-temps « le Roi du Salegy », et lui expriment les reconnaissances d’un pays qu’il a fait danser, qu’il a fait chanter, qu’il a uni grâce à sa musique, et à qui il continue, à 65 ans, de transmettre sa joie de vivre.
Dimanche, le ministère de la Communication et de la culture a élevé Eusèbe Jaojoby au grade de Commandeur de l’ordre national. La cérémonie s’est déroulée au Jao’s Pub, à l’occasion de la célébration de ses 50 ans de scène.
Entre deux concerts et deux cabarets, Jaojoby fait une incursion dans le monde du journalisme et de la communication. Il sera journaliste à la radio nationale, chef du service de l’information à Antsiranana, attaché de presse, et même, soutien politique à des hommes politiques parfois. Mais il revient toujours à la musique, plus qu’une passion et un talent : sa façon de dire son amour à son pays et à ses compatriotes.
Eusèbe Jaojoby n’est pas qu’un musicien. Il n’est pas seulement un génie du rythme et de l’ambiance. Pour unir un peuple dans la joie, la paix et la bonne humeur, rien de tel que du bon Salegy dont il est sans nul doute l’un des maîtres incontestés.














