Antananarivo, 18 Juin, 13h35 –Vahömbey, Roland Dieu Donné Rabearison à l’état-civil, a livré son dernier combat. L’artiste rebelle a rendu son dernier souffle et joué sa dernière note ce samedi pour rejoindre les étoiles aux côtés de ses mentors et amis, Elie Rajaonarison ou encore Tsilavina Ralaindimby.
Fils de Sahondra Ravaka, poète-écrivaine et auteure entre autres de « Ny Sarinao », Vahömbey a grandi dans l’amour de la musique et a baigné dans un monde d’art, de culture et de communication. Il n’était pas seulement l’interprète à voix d’or de nombreux tubes, comme « Besorongola », « Mpandalo », « Faniriako » ou encore « Redemption Song » en malgache. Il était aussi auteur-compositeur, musicien, initiateur du mouvement « rôkarôka », mélange de rock, de roots et de tradition. Mais il était surtout chercheur en ethnomusicologie. Ses études supérieures et ses recherches, il les a faites à l’Université de Toliara où il était étudiant en philosophie, aux côtés des peuples qui respirent et qui vivent la musique.
Artiste rebelle, chanteur marginal, mais aussi communicant hors-pair, Vahömbey a fait carrière dans le mode de l’ingénierie culturelle et de la communication. La promotion de l’art et de la culture mais aussi de la tradition malgache était pour lui un sacerdoce. Il faisait partie des pionniers de la promotion de la musique traditionnelle malgache à l’international. Les auditeurs de la radio nationale malgache se rappelleront ses émissions « Manjamanja miaraka amin’ny Radio Madagasikara » et « Besorongola » dans lesquelles il faisait découvrir et redécouvrir des artistes locaux.
Faisant partie du cercle des intellectuels des années 1980-1990, Vahömbey n’avait pas hésité à mouiller sa chemise dans l’arène politique. Pour faire valoir ses idées, il est allé jusqu’à être candidat à une élection présidentielle. Mais on pouvait aussi croiser cet artiste intellectuel dans des manifestations politiques. Cet enseignant qui a roulé sa bosse avait ses racines dans l’Imerina, l’Antsihanaka et l’Androy. Adepte des arts martiaux, il y avait puisé son âme de combattant.














