Antananarivo, 17 Avril, 14h45 – Environ 24,8 millions de Malgaches sont considérés “pauvres”. Ce nombre est supérieur à la population totale de deux pays, que sont le Burundi et le Soudan du Sud, où les taux de pauvreté sont également très élevés. Cette situation avait été exposée par la Banque mondiale au début de ce mois d’avril.
Madagascar, dont la population est estimée à 30,3 millions d’habitants en 2023, est “confrontée au défi d’un taux de pauvreté élevé et persistant”, fait remarquer cette institution de Bretton Woods. La proportion des malgaches disposant de moins de 2,15 dollars, soit 9 245 ariary par jour, et qui sont considérés comme vivant dans l’extrême pauvreté est de 80,7% l’année dernière. Pour la Banque mondiale, “le taux de pauvreté resterait élevé, car la création d’emplois demeurerait limitée par rapport à la croissance démographique”.
La Banque mondiale a d’ailleurs indiqué dernièrement dans Africa’s Pulse que 60% des personnes vivant dans l’extrême pauvreté dans le monde en 2019 se trouvaient en Afrique subsaharienne. Le tiers de ces personnes étaient concentrées dans deux pays, à savoir la République démocratique du Congo (plus de 99 millions d’habitants) et le Nigeria (220 millions d’habitants). L’autre tiers se trouvait dans six pays de la région, que sont l’Ethiopie, du Kenya, de Madagascar, du Mozambique, de la Tanzanie et l’Ouganda, selon ce qui est rapporté dans ce baromètre semestriel de l’état des économies africaines, publié en ce mois d’avril.
La Banque africaine de développement (BAD) avance pour sa part que Madagascar avec ses 80,7 % et le Zimbabwe avec ses 64,5 % affichent les taux de pauvreté les plus élevés dans leur groupe de revenu respectif. Cette institution financière avait expliqué dans ses Perspectives économiques de l’Afrique australe de 2023 que la faiblesse de la croissance pèse sur l’emploi et que le chômage des jeunes, qui est le plus grand défi de la région en la matière, requiert une action urgente.
Pour tout Madagascar, deux régions ont enregistré un taux de pauvreté dépassant 90% entre 2021 et 2022. Il s’agit de l’Androy (95%) et du Vatovavy Fitovinany (92%). Dix autres ont des taux compris entre 80 et 90%, en l’occurrence l’Amoron’i Mania (88%), le Bongolava (87%), le Betsiboka (84%), l’Anosy (83%), l’Atsimo Atsinanana (83%), la Haute Matsiatra (83%), l’Alaotra Mangoro (83%), l’Ihorombe (83%), le Menabe (81%), et l’Atsimo Andrefana (81%).
Cinq régions, pour leur part, enregistrent des taux de pauvreté compris entre 70 et 80% durant la période sous revue. C’est le cas de la région de l’Itasy (75%), du Sofia (74%), du Vakinankaratra (74%), de la Sava (73%) et du Diana (70%). Quatre autres affichent des taux de pauvreté entre 70% et 60%, à savoir le Boeny (67%), l’Atsinanana (67%), le Melaky (66%), et l’Analanjirofo (62%). Analamanga, avec ses 56%, est la seule région de Madagascar à enregistrer un taux de pauvreté en dessous de 60%.
La Banque mondiale estime que la croissance devrait s’accélérer pour Madagascar, pour atteindre une moyenne de 4,6 % sur la période 2024-2026. Cette croissance devrait être impulsée par des effets de base favorables, d’opportunités commerciales et touristiques accrues et d’un nouvel élan pour l’investissement privé à la suite de réformes structurelles percutantes dans des secteurs clés tels que l’exploitation minière, les télécommunications et les technologies numériques, ainsi que du climat d’investissement, avance ce partenaire de la Grande île.
🔴 Pour ne manquer aucune actualité de 2424.mg, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.














