Antananarivo, 23 Septembre,7h15 – Comme déjà annoncé par Emmanuel Macron, la France a officiellement reconnu lundi l’État de Palestine. “Je déclare que la France reconnaît aujourd’hui l’État de Palestine”, proclame le président de la République française à la tribune des Nations unies, lors d’une conférence conjointe avec l’Arabie Saoudite. “Le temps de la paix est venu”, lance-t-il dans son discours, rappelant que la décision française est dictée par l’urgence de bâtir la paix. Il assure en même temps que cette reconnaissance n’enlève en “rien aux droits légitimes d’Israël”.
La France n’est pas le premier Etat à reconnaître de façon officielle l’Etat de Palestine, une centaine d’autres pays membres de l’ONU reconnaissant déjà l’Etat de Palestine. Mais avec cette déclaration, la France devient la première grande puissance occidentale et le premier membre permanent du Conseil des sécurité à franchir ce pas. D’autres puissances occidentales, comme le Royaume Uni, également membre du Conseil de sécurité ou le Canada, ainsi que des pays comme l’Australie et le Portugal qui ont déjà annoncé leur intention de reconnaître l’Etat de Palestine, ne devraient pas tarder à officialiser leur reconnaissance.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a profité de la même conférence pour plaider en faveur d’une adhésion pleine et entière de l’État de Palestine à l’ONU, actuellement bloquée par un veto américain. “L’État de Palestine doit être membre de l’ONU”, affirme-t-il, rappelant que la reconnaissance par certains pays “n’est que le début du chemin”.
Réagissant à la décision française, l’Arabie saoudite, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Fayçal ben Farhane, exhorte les autres pays à “prendre une mesure historique similaire” afin de renforcer la solution à deux États et d’instaurer “paix et prospérité” au Moyen-Orient. Le ministère palestinien des Affaires étrangères, de son côté, salue une “décision historique et courageuse” conforme au droit international, estimant qu’elle soutient les efforts vers une paix durable et incitera d’autres États à suivre cet exemple.
L’Égypte, pour sa part, annonce qu’elle accueillerait une conférence internationale sur la reconstruction de Gaza dès qu’un cessez-le-feu sera conclu. Le Premier ministre Moustafa Madbouly précise que l’objectif sera de mobiliser des fonds pour mettre en œuvre un plan arabo-islamique de reconstruction.
Mais si l’annonce française est saluée par plusieurs capitales, elle suscite également des critiques. Les États-Unis expriment leur désaccord, estimant que cette reconnaissance équivalait à “récompenser le Hamas”, tandis qu’Israël réaffirme son refus de tout État palestinien et menace d’étendre la colonisation en Cisjordanie.
Malgré ces divergences, Emmanuel Macron défend sa décision comme une étape nécessaire pour préserver la possibilité d’une solution à deux États, mettant en garde contre “le risque de rendre la paix impossible pour longtemps” si rien n’était entrepris.














