PARLEMENT- Christian Ntsay et Christine Razanamahasoa mettent en garde contre les conséquences d’une éventuelle motion de censure contre le gouvernement ou d’une éventuelle motion de destitution des membres du bureau permanent

Antananarivo, 3 Mai, 16h 17 – Des bruits de couloirs qui ne laissent pas insensibles les chefs d’institution. Le Premier ministre Christian Ntsay et Christine Razanamahasoa, présidente de l’Assemblée nationale, montent au créneau face aux chuchotements de motion de censure contre le gouvernement et de motion de destitution des membres du bureau permanent à l’Assemblée nationale.
« Ce n’est pas bon pour la population malgache et pour le pays (…) L’Etat a besoin de stabilité », prévient le chef du gouvernement en marge de la cérémonie d’ouverture de la session parlementaire à l’Assemblée nationale, à Tsimbazaza, ce mardi. Il évoque le contexte traversé par Madagascar et où « nous devons faire face aux différentes menaces comme celle des cyclones, celle la crise en Ukraine, celle la pandémie et également tant d’autres ».
Le Premier ministre affirme vouloir se référer au discours de Christine Razanamahasoa pour étayer sa thèse. « Motion de censure [contre le gouvernement], motion de destitution du bureau permanent, Madame la Présidente de l’Assemblée nationale a répondu à cela. J’emprunte les éléments de son discours », avance-t-il.
Quelques instants auparavant, la présidente de la Chambre basse consacre une partie de son discours d’ouverture de la session sur le sujet, faisant valoir « l’intérêt supérieur de la Nation comme étant une priorité ». « On entend qu’on prête [à certains parlementaires] l’intention de passer à l’acte au cours de cette session », sans prononcer les termes de motion de censure et de motion de destitution. « Il faut bien réfléchir sur les conséquences des décisions à prendre avant de s’avancer », prévient-elle. « Au-delà de la décision à prendre, il faut réfléchir aux impacts de celle-ci », martèle-t-elle.
Christine Razanamahasoa exhorte les députés pour le dialogue. « Il serait judicieux de poursuivre les échanges et les discussions entre les députés (…) Il ne faut pas hésiter à engager le dialogue avec les alliés et les autres groupements. », pousse-t-elle.
La présidente de l’Assemblée nationale tente de convaincre ses pairs que la situation peut encore s’arranger. « On peut toujours rectifier les erreurs des responsables que ce soit au niveau de l’Assemblée nationale qu’au niveau du pouvoir Exécutif », soutient-elle. « Faut-il rappeler qu’il appartient à l’Assemblée nationale de désigner le chef du gouvernement et qu’il ne faut pas interpréter à tort et à travers le principe de séparation des pouvoirs », souligne-t-elle.