Le taux d’inflation à Madagascar estimé à 8% par la Banque mondiale (GBM) en 2025 pourrait augmenter à 8,3% cette année. Ce partenaire de la Grande île fait part de cette projection dans sa publication semestrielle « Macro poverty outlook », publiée en ce mois d’avril dans le cadre des Réunions de printemps du GBM et du Fonds monétaire international (FMI) à Washington.
Cette accélération de la pression inflationniste, qui devrait porter l’indice des prix à la consommation à 8,3% cette année s’expliquerait principalement par une conjoncture internationale instable. La Banque mondiale parle de la hausse des coûts de l’énergie et du transport maritime résultant du conflit au Moyen-Orient.
La persistance des tensions géopolitiques dans cette zone risque de perturber les chaînes d’approvisionnement mondiales et pourrait entraîner une volatilité accrue des cours de l’énergie et une flambée des tarifs du fret maritime. Or pour une économie insulaire comme celle de Madagascar, très dépendante des importations de produits de première nécessité (PPN) et d’intrants industriels, ces surcoûts se répercutent directement sur les prix de détail.
La Banque mondiale anticipe toutefois une décrue progressive de l’inflation à moyen terme. Un ralentissement qui repose avant tout par le maintien par Banky foiben’i Madagasikara (BFM) d’une politique monétaire restrictive. Le resserrement du crédit ou encore la gestion rigoureuse des taux directeurs, visant à stabiliser la monnaie nationale et à ancrer les anticipations inflationnistes pour les années à venir, sont autant de dispositions qui pourraient être prises par l’autorité monétaire.
La croissance économique devrait pour sa part atteindre 3,8 % en 2026, d’après toujours la Banque mondiale. Elle devra être soutenue par la reconstruction post-cyclonique, et s’établir en moyenne à 4,2 % sur la période 2027-2028. Cette progression sera appuyée par l’investissement public dans les infrastructures critiques ainsi que par l’investissement privé dans les secteurs des mines, du tourisme et des télécommunications, avance alors cette institution financière.














