Antananarivo, 12 Décembre, 14h32 – Un enfant né à Madagascar a peu de chance de réussir qu’un enfant né ailleurs. Le constat dressé vendredi par les agences des Nations unies engagées dans le développement de la petite enfance (DPE) est alarmant. Faute d’instruction complète et de soins de santé adaptés, « un enfant né à Madagascar n’atteindra que 37% de son potentiel productif ». La Grande île « est le quatrième pays avec le taux de retard de croissance le plus élevé chez les enfants de moins de cinq ans ». « 86% des enfants y naissent dans la pauvreté ». « Seul un enfant sur quatre âgé de deux à quatre ans a un membre de la famille qui le stimule et soutient l’apprentissage précoce ». « Seuls 15% des enfants âgés de trois à quatre ans participent à un programme d’éducation de la petite enfance ».
Face à ce sombre tableau, le système des Nations Unies, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), la Banque mondiale ont sensibilisé vendredi « les membres du gouvernement sur le développement de la petite enfance ». Cela consiste notamment à « améliorer la fourniture des services de santé, de nutrition, d’éducation et de protection sociale pour les enfants de bas âge et les familles à Madagascar ». L’objectif, souligne un communiqué de l’Unicef est de « réorienter les différentes politiques et les stratégies nationales afin de mettre l’accent sur l’importance du développement de la petite enfance ».
L’investissement dans le développement de la petite enfance est d’autant plus importante pour les Nations unies qu’il ne permet pas seulement d’accélérer « la réalisation du plein potentiel de l’enfant ». Il « produit également un rendement élevé », souligne le communiqué de l’Unicef. « Chaque dollar investi dans le DPE rapporte un gain de 17 dollars », souligne-t-il. Le développement concerne aussi bien l’aspect cognitif, physique et moteur que l’aspect langagier, moteur, social et affectif de l’enfant entre la conception et l’âge de huit ans.