Les présidents des commissions à l’Assemblée nationale peuvent souffler. Il n’y aura pas de réduction du nombre des commissions à la Chambre basse, et ce, malgré le discours d’austérité prôné par l’Exécutif.
« Cela ne sera pas discutée lors de la révision du règlement intérieur. La réduction du nombre des commissions provoquera un problème. C’est pourquoi elle ne sera pas étudiée », a indiqué Jean Brunelle Razafintsiandraofa, vice-président de l’Assemblée nationale. L’ordre du jour de la session extraordinaire, qui débute ce lundi 12 août, ne comprendra pas ainsi de débat sur le nombre pléthorique des commissions, à savoir 31, aux côtés des six vices-présidents et des trois questeurs. Selon le vice-président de la Chambre basse, la proposition de loi relative au règlement intérieur concerne seulement la constitution des groupes parlementaires.
Le choix de la majorité présidentielle constitue un pain béni pour l’opposition, l’attaquant sur l’un de ses chevaux de bataille, à savoir la politique d’austérité. « Le nombre des commissions devrait être à peu près égal à celui des ministères », fustige Gerry Randriambolaina, député élu dans le district d’Avaradrano, sous les couleurs du Tiako i Madagasikara (TIM). Il « espérait » un débat sur le sujet après avoir fait référence à une différence flagrante entre les 23 membres du gouvernement, y compris le Premier ministre, face aux 31 commissions mises en place au sein d’une institution censée contrôlée les activités de l’Exécutif.
Andry Rajoelina, président de la République, fait de la politique d’austérité l’un de ses principes de gouvernance. Il avait justifié son intention de supprimer le Sénat, avant d’opter pour la réduction drastique du nombre des membres de la Chambre haute à 18, au lieu de 63, en raison de son caractère « budgétivore ». Il avait promis d’affecter une partie du budget du Sénat à d’autres initiatives « en faveur des jeunes ». Déjà, le nombre des députés, fixé à 151, n’avait pas été retouché, quoique certains techniciens parlent d’une « réduction de fait», compte tenu de l’augmentation du nombre de la population que les élus représentent.
Le nombre actuel des commissions à l’Assemblée nationale a été hérité du temps de la transition et de son principe de co-gestion. La précédente législature avait cru bon de ne pas toucher le règlement intérieur de la Chambre basse pour maintenir le statu quo. Les députés fraîchement élus imitent leurs prédécesseurs. Or, un nombre élevé des présidents de commission aura pour conséquence l’augmentation des dépenses liées aux divers avantages accordés à ces derniers. Dans une certaine mesure, le maintien du nombre élevé des commissions permet de calmer les députés. Il n’y avait « que » deux parlementaires à intégrer le gouvernement, reconduit presque en bloc lors de la formation de l’équipe du Premier ministre Christian Ntsay au mois de Juillet.
