Le vice-président tanzanien Emmanuel Nchimbi quittera ses fonctions le 4 septembre prochain. Il a annoncé mardi sa décision de se retirer de la politique et du service public. Nommé à ce poste en novembre 2025, il affirme vouloir ainsi répondre à la volonté de changement de la présidente Samia Suluhu Hassan.
“J’ai écrit à la présidente Hassan pour l’informer que j’ai décidé de prendre ma retraite de la politique et du service public. Je vais donc démissionner de la fonction de vice-président”, indique Emmanuel Nchimbi dans un message publié en swahili sur son compte Instagram. Le vice-président dit être “convaincu, sans l’ombre d’un doute”, que la cheffe de l’Etat “souhaite un changement”. Il explique également vouloir respecter une promesse faite à Samia Suluhu Hassan de quitter ses fonctions lorsqu’elle le souhaiterait.
Emmanuel Nchimbi avait été nommé vice-président en novembre 2025, après avoir été le colistier de Samia Suluhu Hassan lors de l’élection présidentielle d’octobre. La présidente avait remporté le scrutin avec 98 % des suffrages, dans un contexte de fortes contestations et de répression des manifestations de l’opposition.
Le départ annoncé d’Emmanuel Nchimbi intervient alors que la Tanzanie reste sous le regard de l’opposition et des organisations de défense des droits humains, qui dénoncent une restriction croissante de l’espace politique et des voix critiques.
Une commission d’enquête mise en place par les autorités a recensé 518 morts en marge des élections d’octobre, sans attribuer de responsabilité. L’opposition et des organisations de défense des droits humains avancent, pour leur part, un bilan pouvant atteindre environ 2 000 morts, qu’elles attribuent aux forces de sécurité.
Arrivée au pouvoir en 2021 après le décès de John Magufuli, Samia Suluhu Hassan avait initialement engagé une ouverture politique après plusieurs années de forte restriction de l’espace public. Cette orientation s’est toutefois progressivement durcie, notamment à l’approche et après le scrutin présidentiel de 2025.
L’annonce du départ d’Emmanuel Nchimbi ouvre la voie à la nomination d’un nouveau vice-président aux côtés de Samia Suluhu Hassan.
Avec AFP















