La Banky foiben’i Madagasikara (BFM) resserre de nouveau sa politique monétaire. Face au retour des tensions inflationnistes, son Comité monétaire a décidé de relever le taux directeur de 12,00 % à 12,50 %. Il s’agit d’une première hausse après plusieurs mois de statu quo. L’objectif, selon le communiqué publié ce mercredi, est de contenir l’accélération des prix, préserver la stabilité financière et maintenir les anticipations d’inflation autour de la cible de 5 % à moyen terme.
La Banque centrale explique sa décision par l’interruption de la désinflation qui a été observée depuis plusieurs trimestres. Le relèvement du taux directeur vise donc à freiner cette tendance inflationniste. Selon les données de la BFM, en juin 2026, l’inflation a atteint 8,6 % en glissement annuel, contre 6,8 % trois mois plus tôt. Cette accélération est principalement due à l’inflation sous-jacente, qui a grimpé à 11,4 %, poursuit-elle. Cet indicateur, qui exclut les produits les plus volatils comme le riz et l’énergie, traduit une hausse plus généralisée des prix dans l’économie. Durant la période, les prix de l’énergie ont progressé de 3,9 %, tandis que ceux du riz ont légèrement reculé de 0,7 %.
La BFM estime que les précédents maintiens du taux directeur à 12 % ont permis de limiter l’ampleur des pressions inflationnistes. Sauf que les conditions monétaires qui se sont sensiblement assouplies au deuxième trimestre ont réduit l’efficacité de cette politique, et n’arrivent plus à absorber les pressions inflationnistes dans l’économie.
Cette décision s’inscrit également dans un contexte international marqué par les conséquences persistantes du conflit au Moyen-Orient. Les perturbations des chaînes d’approvisionnement, la hausse des cours mondiaux de plusieurs matières premières ainsi que l’augmentation des coûts de l’assurance maritime continuent d’alimenter les tensions sur les prix. À cela s’ajoutent des facteurs internes, notamment la revalorisation du salaire minimum, susceptible d’accroître les coûts de production.
La Banque centrale évoque également la progression de la masse monétaire, qui a augmenté de 15,1 % en juin, un rythme supérieur aux prévisions, sous l’effet de la hausse des avoirs extérieurs et d’une progression de 8,8 % des crédits bancaires sur un an. Cette évolution, entraînant un accroissement des liquidités en circulation, entretient également les tensions sur les prix.















