PREVENTION – L’Organisation internationale du travail (OIT) préconise la sécurité et la santé au travail parmi les exigences pour l’obtention d’un marché public ainsi que dans le curricula des établissements en BTP

Antananarivo, 11 Novembre, 17h50 – La promotion du travail décent à Madagascar fait son nid petit à petit. Sauf changement, la question de la sécurité et de la santé au travail (SST) devrait être inclue dans les conditions pour obtenir un marché public à Madagascar. Le projet a été discuté entre l’OIT et le ministère des Travaux publics. Il a également fait l’objet d’un débat au sien du Conseil national du travail (CNT), et devrait arriver entre les mains des législateurs après être passé au niveau des patrons d’entreprise.

Cette initiative est menée après la constatation que les entreprises du Bâtiment et des travaux publics (BTP), véritables niches d’emplois informels, figurent parmi les secteurs qui ne respectent pas les normes de SST à Madagascar. « La mise en place d’un fondement juridique dans ce cadre devrait faciliter le travail des contrôleurs », note Bernard Foe Andegue, chef de projet Fonds vision zéro (VZF) au sein de l’OIT.

Par ailleurs, une autre initiative est également en cours. Il s’agit d’introduire le thème de la SST dans le curriculum de formation des établissements spécialisés en BTP. « Dans quatre établissements que nous avons visités, 90% du personnel n’avaient pas la SST dans leur curriculum de formation », explique encore Bernard Foe Andegue. « Cette formation devrait pourtant permettre aux étudiants de développer une culture de prévention dès l’Université », précise-t-il. Ce projet, mené en collaboration avec le ministère de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle, a fait l’objet d’une concertation au sein du CNT en Juillet de cette année.

Le BTP figure parmi les secteurs où les métiers sont à risque. Pourtant, les entreprises qui y exercent ne respectent pas toujours les conditions de sécurité et de santé au travail. Il s’agit de constater si les matériels de protection des employés sont en conformité avec les risques du métier. Mais il s’agit également de vérifier s’ils sont affiliés à un système de protection sociale, ou s’il existe sur leurs lieux de travail une infirmerie pour les soigner en cas d’accident de travail.