Antananarivo, 17 Mai, 19h55 – “Les produits malgaches n’ont pas peur de la concurrence”. Tiana Rasamimanana, président du Syndicat des industries de Madagascar (SIM), insiste sur la capacité des industriels malgaches à proposer des produits de qualité aux consommateurs en ouverture de la journée des Branches de la production nationale (BPN), vendredi. Il appelle toutefois à un traitement équitable entre les produits proposés aux consommateurs, qu’ils soient fabriqués localement ou importés.
Tiana Rasamimanana estime qu’il est inacceptable que les producteurs locaux soient soumis à des taxes et redevances plus lourdes que ceux qui se contentent d’importer et de vendre. Bien qu’il ne blâme pas directement les entreprises importatrices, il considère qu’“il est temps de revoir les règles du jeu de plus près”.
L’Autorité nationale chargée des mesures correctives commerciales (ANMCC) est l’organisme responsable de l’élaboration des réglementations nationales, de la conduite des enquêtes et de l’application des mesures correctives commerciales, afin de protéger les producteurs ou les branches de production nationales face aux pratiques commerciales préjudiciables.
Comme l’indique le secrétariat de l’Organisation mondiale du commerce, Madagascar a notifié huit mesures de sauvegarde. Elles concernent les importations de couvertures, détergents en poudre, pâtes alimentaires, peintures, farine, lait concentré, couches et serviettes hygiéniques, graines et sacs.
En juillet 2024, Madagascar a ouvert une enquête en matière de sauvegarde sur les importations de certains types d’huiles végétales alimentaires. Une autre enquête, cette fois sur les importations de produits dérivés de tomates, a également été lancée vers la fin de l’année dernière. Ce type d’enquête vise à déterminer si l’augmentation des importations d’un produit cause, ou risque de causer, un préjudice grave à une branche de production nationale.
Plusieurs thèmes ont également été abordés lors de cette journée des BPN, comme la mise en œuvre des mesures correctives commerciales ou encore le recours aux instruments de défense commerciale. Le Cercle de réflexion des économistes de Madagascar (Crem), qui est intervenu lors de l’événement, a souligné l’urgence de créer une cellule de veille commerciale et juridique pour surveiller les pratiques étrangères, identifier les secteurs stratégiques à protéger et s’appuyer sur les organisations régionales telles que le Marché commun de l’Afrique australe et orientale (Comesa) et la Zone de libre échange continentale africaine (Zlecaf) qui offrent un cadre de coopération, de protection collective et de développement des capacités.














