Le secteur industriel malgache repose désormais sur six filières prioritaires. L’artisanat d’exception à vocation industrielle et exportatrice vient s’ajouter aux filières prioritaires du Pacte pour la programmation industrielle de Madagascar. Il bénéficie ainsi des mêmes ambitions que des secteurs comme l’agro-industrie, les huiles essentielles et extraits, le textile et l’habillement, la transformation minière et l’énergie.
Cette évolution résulte du premier amendement apporté au Pacte, une feuille de route nationale qui vise à doubler la part du secteur secondaire dans le produit intérieur brut, de 15 % à 30 % d’ici 2040. En accédant à ce statut, l’artisanat n’est plus considéré comme une activité de subsistance, mais comme un levier de souveraineté économique et de valorisation des ressources locales.
Le Pacte définit l’artisanat d’exception à vocation industrielle comme une combinaison structurée entre savoir-faire traditionnel et exigences de production à grande échelle. Pour être reconnu comme faisant partie de ce secteur, une activité doit s’appuyer sur une organisation productive formalisée, capable d’assurer des volumes réguliers, contractualisés et évolutifs. Ce cadre impose également des normes de standardisation, de contrôle qualité et de traçabilité, appuyées par des investissements en équipements industriels ou semi-industriels. L’orientation vers l’exportation doit être concrète, attestée par des contrats internationaux.
L’intégration de cette filière traduit la volonté de transformer un secteur encore largement informel en moteur de croissance. Les acteurs publics et privés entendent mieux capter la valeur ajoutée issue de la transformation locale des ressources, notamment dans le cadre de la Politique et stratégie nationale de développement de l’artisanat (PSNDA).
Les signataires du Pacte ambitionnent d’en faire un pilier de la transformation économique du pays, alliant identité nationale, création d’emplois décents et génération de devises. Cette stratégie s’articule en trois étapes : la mise en place rapide d’un cadre réglementaire et d’une gouvernance assainie, le renforcement de la valeur ajoutée locale dans des filières comme le raphia, le cuir ou la soie d’ici 2032, et, à terme, une croissance annuelle des recettes d’exportation de 25 %













