Antananarivo, 11 Mai, 11h30 – La campagne est relancée. Une délégation malgache, dirigée par le ministre en charge des Mines, Herindrainy Rakotomalala, participera au Sommet africain de l’énergie à Londres. L’une de ses missions est d’y faire la promotion du potentiel pétrolier de la Grande île. Mais contrairement aux campagnes précédentes, la promotion ne se limitera plus à des blocs pétroliers. Elle concerne désormais les cinq bassins pétroliers de Madagascar, annonce la présidente du Conseil d’administration de l’Office des mines nationales et des industries stratégiques (Omnis), Stéphanie Delmotte. C’était en marge de la présentation du Plan stratégique quinquennal de cet organisme rattaché du ministère des Mines, vendredi.
Cette campagne de promotion des bassins pétroliers d’Ambilobe, de Mahajanga, de Morondava, des Côtes Est et du Cap d’Ambre est déjà inscrite dans la feuille de route de l’Omnis pour cette année, d’après sa PCA. Le Gouvernement aurait d’ailleurs déjà donné son autorisation pour l’exposition de ces opportunités dans diverses conférences qui sont « des jalons qui rythment la promotion minière », indique Stéphanie Delmotte. Pour l’Omnis, il s’agit d’un feu vert qui lui est donné pour trouver des investisseurs et pour aider l’Etat à mettre en valeur les potentiels pétrolier et minier du pays.
D’après Stéphanie Delmotte, l’Omnis travaille déjà avec TGS, qui est un expert dans la promotion de données sismiques. L’Office va également se faire accompagner par des experts et des grands cabinets comme Wood Mackenzie dans cette campagne, confie-t-elle. « Nous allons exposer le climat des affaires qui intéresse les investisseurs, étant donné que se lancer dans le pétrole amont est un investissement risqué », poursuit-elle. Pour la PCA de l’Omis, « le but c’est d’avoir des contrats gagnant-gagnant. Et pour ce faire, il faut être capable de “négocier et de trouver une entente qui considère les intérêts de l’Etat et la profitabilité des projets”.
L’Omnis avait déjà lancé une campagne promotionnelle portant sur 44 blocs pétroliers offshore situés dans le bassin sédimentaire de Morondava en 2018. Par note ministérielle émise par le ministère chargé des Mines, les activités relatives à la promotion de ces 44 blocs pétroliers avaient été suspendues jusqu’à nouvel ordre.
Pour l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) Madagascar, la suspension de la promotion pétrolière depuis 2019 a réduit la visibilité de Madagascar sur le marché et limite ainsi le développement du secteur. Le taux d’occupation des blocs avait d’ailleurs été réduit, passant de 12 blocs occupés en 2018 à 10 en 2019 pour finir à 6 en 2020.
L’Omnis a décidé de mener une campagne plus importante que les précédentes, en faisant cette fois-ci la promotion des bassins sédimentaires de Madagascar, présumés à potentiel d’hydrocarbures. Ces bassins s’étalent principalement sur le versant Ouest du pays qui est constitué du Nord au Sud par les bassins d’Ambilobe, de Mahajanga et de Morondava et qui s’étendent vers le canal de Mozambique. Sur le versant Est, ces bassins sont formés par les côtes Est et Cap d’Ambre. Au total, on distingue cinq bassins sédimentaires couvrant une superficie totale de 821 377 km2, dont 263 912 km2 onshore et 557 465 km2 offshore.
Ces bassins sont pour l’Omnis sous-explorés. L’Office indique que 85 puits profonds, à objectif de pétrole conventionnel et de gaz, y ont été forés à ce jour dont neuf en offshore et 76 en onshore. D’importants indices d’hydrocarbures dont des huiles légères ou de gaz ont été rencontrés dans 65% de ces puits, rapporte l’Omnis.














