Antananarivo, 25 Février, 6h35 – Les habitants de Soavinandriana et d’Ampefy disposent depuis décembre d’informations météorologiques plus affinées et plus rapides. Les deux stations météorologiques automatiques inaugurées lundi dans la région de l’Itasy y ont été installées depuis la fin de l’année 2025. Présenté comme un outil stratégique face au changement climatique, cet investissement de 75 000 euros, soit environ 400 millions d’ariary, vise avant tout à renforcer les services météorologiques “au service des populations”, principalement des agriculteurs qui forment la majorité des habitants de la région.
Ces deux stations devraient permettre “de suivre l’évolution du climat, l’évolution du lac Itasy, et d’informer les populations” dans la région de l’Itasy, une région “à vocation agricole et touristique”, comme le rappelle le communiqué du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), coordonnateur du projet Démarches intégrées et accompagnement pour une agriculture familiale à Madagascar innovante et résiliente aux changements climatiques (Dinaamicc). La première est une station synoptique installée au sein de l’Université d’Itasy, la deuxième, une station hydrométéorologique implantée à Ampefy.
La station synoptique de Soavinandriana mesure en continu la température, la pression atmosphérique, l’humidité, la vitesse et la direction du vent ainsi que les précipitations. Les données, transmises en temps réel à Météo Madagascar, permettent d’affiner les prévisions, d’anticiper les phénomènes extrêmes et de renforcer les systèmes d’alerte précoce, au bénéfice des populations et des agriculteurs. La station hydrométéorologique à Ampefy assure le suivi du lac Itasy et des cours d’eau environnants. Elle surveille les niveaux hydrologiques afin de prévenir les inondations, d’améliorer la gestion des ressources en eau et de sécuriser les activités agricoles et halieutiques, piliers de l’économie locale.
Mais au-delà des prévisions météorologiques et hydrologiques, les deux stations devraient aussi contribuer à la recherche scientifique, la sécurité aérienne et l’aide à la décision publique. Les informations sur le niveau d’eau du lac, les précipitations, les températures, les humidités, les vents, et les rayonnements solaires “sont aussi utilisées par le ministère des Transports et de la météorologie pour la gestion du trafic aérien, et les données seront également utiles pour les activités de recherche et d’enseignement de l’Université d’Itasy”, poursuit le communiqué du Cirad.
Avec ces deux stations, le projet Dinaamicc a installé en tout quatre stations. Une autre station synoptique a déjà été implantée à Anjozorobe dans l’Analamanga tandis qu’une station agrométéorologique se trouve à Ambatolampy dans le Vakinankaratra. Conçues pour fonctionner pendant au moins vingt ans, les quatre stations devraient contribuer à densifier le réseau national d’observation et à améliorer les systèmes d’alerte précoce. Pour l’Union européenne qui finance le projet Dinaamicc dans le cadre de son programme Development Smart Innovation through Research in Agriculture (Desira), il s’agit d’une “concrétisation de son engagement à valoriser les résultats de la recherche et à promouvoir des pratiques d’adaptation durables au changement climatique”.