RELANCE ÉCONOMIQUE – Le FMI pose des questionnements sur la suite des assises nationales

L’après-assises nationales pour la relance économique laisse place à un constat nuancé. Si le gouvernement s’efforce de traduire la Politique générale de l’État (PGE) en croissance concrète, le pays se heurte toujours à une pression fiscale anémique. Le FMI, dans son rapport d’assistance technique publié le mois dernier, reconnaît une dynamique réformatrice réelle, mais souligne que le fossé entre les ambitions macroéconomiques et la réalité du pouvoir d’achat des Malgaches reste difficile à combler.

 

Sur le front de la modernisation, les avancées numériques comme le projet Prodigy ou la plateforme e-hetra marquent des points sur le plan administratif. Toutefois, le constat sur le terrain révèle une portée limitée : ces réformes profitent prioritairement à une élite connectée, laissant de côté la majorité de la population. Sans une inclusion numérique plus agressive, la digitalisation risque de devenir un outil de gestion comptable plutôt qu’un véritable moteur de redistribution sociale pour le pays.

 

Le secteur minier, pilier stratégique avec des exportations franchissant la barre de 1,5 milliard de dollars, demeure sous-exploité dans son rôle social. Les retombées financières peinent à financer efficacement l’éducation ou la santé publique, secteurs où la gratuité est souvent compromise par des pratiques corruptives. Pour l’opinion publique, la richesse du sous-sol reste un concept abstrait tant que la transparence et la surveillance des flux ne garantissent pas un réinvestissement direct dans les services de base.

 

Enfin, l’efficacité de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption (2025-2030) est scrutée de près. Si la bonne gouvernance est désormais le troisième pilier de l’action étatique, l’absence de sanctions exemplaires dans les affaires de détournements majeurs alimente le scepticisme. Pour restaurer la confiance des investisseurs et des citoyens, la justice doit impérativement s’affranchir des pressions politiques. C’est à cette seule condition que la relance économique quittera les discours pour devenir une réalité pérenne.