Pas moins de 70% des ménages ruraux pratiquent l’élevage familial. Ce qui fait que ce secteur d’activité occupe une place centrale, notamment sur les Hautes terres et le Moyen-Ouest de Madagascar. Il constitue ainsi un levier stratégique du développement durable et de sortie de pauvreté des exploitations agricoles familiales dans ces localités. Un rapport sur cette thématique a été présenté mardi.
Mais l’importance de ce secteur dépasse e cadre de la simple production animale. Comme souligné par Patrick Daniel Ramananarivo, responsable au sein de la délégation de l’Union Européenne, l’élevage agit comme un véritable catalyseur capable de débloquer l’ensemble des systèmes de production agricole. “Nous pouvons, à travers ces systèmes qui sont intégrés dans les exploitations familiales paysannes, à toucher à l’ensemble des facteurs de blocage et viser un accroissement de la production domestique, de la transformation, de la commercialisation sur l’intégralité du territoire”, lance-t-il.
En s’appuyant sur cette synergie, dynamiser les productions végétales et stimuler la création d’emplois de services en milieu rural est possible. Au-delà des enjeux de souveraineté alimentaire et de nutrition, cette approche intégrée permet d’attaquer de front les obstacles transversaux, qu’ils soient fonciers, financiers ou techniques.
Pour transformer durablement le secteur, les experts ont identifié plusieurs leviers prioritaires. Il y a l’amélioration technique, qui passe par la santé, la génétique et l’alimentation animale. Celle-ci devrait être couplée à une meilleure structuration des filières pour faciliter l’accès des petits producteurs aux marchés. Cette dynamique repose néanmoins sur le renforcement des coopératives et des organisations paysannes, mais exige également un engagement fort de l’État sur des enjeux régaliens tels que la sécurisation foncière, le développement des infrastructures et la coordination des services d’appui aux éleveurs.
Le rapport qui vient d’être présenté et remis à différents ministères concernés sert ainsi de référence pour le secteur de l’élevage. Il devrait permettre de calibrer les politiques publiques et les aides internationales afin de consolider les exploitations familiales, piliers essentiels de l’agriculture malgache.
“Les enseignements à tirer sont nombreux, notamment en ce qui concerne l’importance des races locales, qu’il s’agisse des bovins, des porcins ou de l’aviculture. Il apparaît clairement que ces filières garantissent l’apport en protéines animales pour les acteurs ruraux et assure un revenu pérenne aux ménages, particulièrement sur les Hautes Terres”, soutient le ministre de l’Elevage, Riana Nantenaina Randrianomenjanahary.
Le ministère s’efforce alors d’apporter des solutions aux contraintes rencontrées par les acteurs de la filière, qu’il s’agisse des organisations paysannes, des associations ou des opérateurs privés. Cet accompagnement est renforcé par divers projets et programmes d’appui aux éleveurs, ainsi que par des dispositifs de fonds de contrepartie ou matching grants destinés à soutenir les acteurs opérant dans le secteur formel, expose-t-il.













