Le gouvernement malgache se montre prudent pour évoquer le calendrier pour la vente des stocks de bois de rose, saisis et déclarés.
Du travail à faire. Il faut encore que le gouvernement se conforme aux recommandations de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) pour pouvoir prétendre à la cession des stocks de bois précieux.
« Il existe des recommandations émises par la CITES avant de pouvoir vendre [les stocks de bois de rose] », a rappelé Guillaume Randriantefiarison, ministre de l’Environnement, de l’écologie et des forêts, à Antsahavola jeudi. Il résume ainsi la situation et le sort des stocks de bois de rose, saisis ou déclarés, que le gouvernement malgache compte vendre mais qui restent encore sous embargo.
Les autorités malgaches se montrent prudentes pour dévoiler un calendrier précis pour se conformer aux recommandations de la CITES, la convention censée veiller à ce que le commerce international des spécimens d’animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie des espèces. « Ce sera fait dans un délai le plus court possible », se contente d’avancer Eric Rabenasolo, directeur général des Forêts, au sein dudit ministère.
Et pour cause, aucune des trois recommandations émises par la CITES n’est encore respectée. Il s’agit des « poursuites [judiciaires]» engagées contre des personnes impliquées dans le trafic de bois de rose, de l’inventaire des stocks ainsi que de la mise en œuvre de la rationalisation de la gestion pérenne des bois précieux.
L’Alliance Voahary Gasy (AVG), la plateforme de la société civile pour la protection de l’environnement, ne cesse de réclamer des sanctions exemplaires concernant les trafiquants de bois précieux. Son président de conseil d’administration, Ndranto Razakamanarina, avait cité des noms d’anciens et actuels responsables étatiques, soupçonnés d’être impliqués dans le trafic du bois de rose.
Par ailleurs, il reste encore du chemin pour boucler l’inventaire des stocks de bois de rose, saisis et déclarés, car « pour l’instant, 1/6 des stocks sont encore inventoriés », reconnaît le ministre de l’Environnement, de l’écologie et des forêts. Les stocks de bois de rose déclarés ne sont pas encore inventoriés. Le membre du gouvernement laisse entendre le manque de moyens pour réaliser l’opération. L’épineuse question relative à la définition du statut des stocks déclarés auprès des opérateurs en bois n’est pas non plus réglée.
Enfin, Madagascar doit encore mettre en œuvre un plan de la rationalisation de la gestion de ses ressources. « Les scientifiques malgaches ne sont, pour le moment, capables de mener une étude permettant d’équilibrer la biodiversité en cas d’exploitation massive de cette richesse verte. C’est l’une des principale failles qui nous empêchent encore de valoriser notre richesse et c’est un blocage pour nous », affirme Guillaume Randriatefiarison. La signature de convention entre le ministère et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) fait partie de la concrétisation de ce plan pour l’identification des espèces.














