Stress, surcharge de travail, burn-out, harcèlement, violences au travail.. De nombreux travailleurs à Madagascar et dans le monde font face quotidiennement à ces risques psychosociaux. À l’échelle mondiale, les cas entraînent plus de 840 000 décès chaque année et représentent environ 1,37 % du PIB, selon le directeur du bureau pays de l’Organisation internationale du travail (OIT) pour Madagascar, Maurice, les Seychelles et les Comores, Frédérick Muia. Derrière ces chiffres se trouvent des travailleurs épuisés, des familles affectées et des organisations fragilisées. D’autant plus qu’un environnement de travail dégradé engendre un coût humain, social et économique considérable.
À Madagascar, plus de 15 % des travailleurs souffrent de troubles liés à la santé mentale en raison du travail. Les témoignages recueillis lors d’un atelier national organisé par le GEM évoquent des situations de pression excessive, de harcèlement et de violences psychologiques, avec des conséquences directes sur la santé et la vie personnelle des travailleurs. Selon le secrétaire général du ministère du Travail, de l’emploi et de la fonction publique, 12 milliards d’heures de travail sont perdues chaque année à cause des risques psychosociaux et de leurs conséquences, aggravées par les contraintes économiques et la méconnaissance du droit du travail.
Le représentant des employeurs, présent lors de la célébration de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail (JMSST) 2026, marquée chaque 28 avril, reconnaît que la santé mentale et un environnement psychologique sain sont essentiels pour garantir une meilleure productivité. La santé et sécurité au travail (SST) devrait devenir un réflexe, et non une simple obligation. Pour sa part, le directeur général du Travail, Rojomampionona Ravelomahatratra, estime que le dialogue social constitue une issue face aux divers conflits et défis actuels. En matière de SST, une politique nationale est en cours d’adoption, en parallèle avec l’extension de la protection sociale à tous les travailleurs, y compris les indépendants. “Agissons pour un environnement de travail psychosocial sain”, un objectif à considérer comme un investissement stratégique et non comme une contrainte.
