REVENDICATION – Faniry Alban “Babà” Rakotoarisoa et Clémence Raharinirina placés sous contrôle judiciaire suite à une plainte du Sénat

Antananarivo, 20 Septembre, 10h55 – C’est le Sénat, son directeur de la sécurité et sa directrice de la législation et études en l’occurrence, qui a porté plainte contre les conseillers municipaux d’Antananarivo, Faniry Alban “Babà” Rakotoarisoa et Clémence Raharinirina. L’institution invoque “des actes de violation de la loi susceptibles de provoquer des troubles et des violences devant le Sénat” pour justifier ses plaintes.

 

Dans un communiqué publié sur Facebook, le Sénat rappelle le déplacement des deux conseillers municipaux auprès du Sénat jeudi matin. Il parle notamment d’“incitation à la haine contre un sénateur”, de “tentative de pénétrer de force dans l’enceinte du Sénat afin de contraindre le sénateur en question à descendre dans la rue”, ainsi que de “propos injurieux et humiliants à l’encontre du directeur de la sécurité du Sénat”. Le Sénat évoque alors des “infractions à la loi” qui ont eu comme “objectifs clairs et voulus de causer des troubles”. C’est ce qui a amené les responsables de l’institution à porter plainte, poursuit-il.

 

A en croire le communiqué du Sénat, toujours, l’insistance des deux conseillers municipaux à entrer de force dans l’enceinte, ainsi que le rassemblement de curieux que cela a entraîné, ont “provoqué un embouteillage devant le Sénat, d’autant que c’était jour de marché à Mahamasina et que la circulation était dense”. Il rappelle également le caractère “sensible” du site qui, en tant que tel, est régi par “des règles et des conditions spécifiques d’accès”.

 

Suite à cette plainte du Sénat, Faniry Alban Rakotoarisoa et Clémence Raharinirina ont été arrêtés vendredi dans la matinée, juste après avoir déposé leur demande d’autorisation de manifestation auprès de la Commune urbaine d’Antananarivo. Comparaissant en fin d’après-midi devant la justice, les deux conseillers municipaux ont été placés sous contrôle judiciaire jusqu’à leur procès annoncé pour le 30 septembre.

 

Jeudi, les deux “prévenus” et un autre conseillère municipale se sont rendus au Sénat, munis de bidons jaunes et de lampes solaires, pour “demander aux sénateurs de prendre leur responsabilité face notamment aux problèmes de délestage et de coupures d’eau que subissent les populations d’Antananarivo et ses environs. Diffusant des propos tenus il y a quelques années par Lalatiana Rakotondrazafy, actuelle sénatrice, dans lesquels elle indiquait être prête à descendre dans la rue pour contester le délestage, les conseillers municipaux se sont adressés à l’ancienne journaliste pour qu’elle vienne manifester avec eux le 25 septembre prochain.

 

Dénonçant ce qu’ils qualifient d’“arrestation arbitraire de deux citoyens qui se sont exprimés”, des membres de la société civile ont organisé une manifestation spontanée du côté d’Ambohijatovo. “Nous nous tenons debout aujourd’hui dans un pays qui se dit démocratique, Etat de droit et respectueux du droit de chacun à s’exprimer”, indique Mialisoa Randriamampianina, directrice exécutive de Transparency International Initiative Madagascar, leader du mouvement “Demokrasia mainty”. “Cette restriction de l’espace civique d’expression en dit long sur le manque de volonté de défendre les droits humains et les droits de citoyens”, déplore-t-elle dans une vidéo diffusée par son organisation.