Antananarivo, 10 Octobre, 11h30 – Les perturbations des services de santé dans les différents pays du monde durant la crise de la Covid-19 ne seront pas sans conséquences sur la santé publique. Un récent rapport publié par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), l’Organisation mondiale de la santé et le groupe de la Banque mondiale, indique que le nombre de nourrissons morts à la naissance risque de connaître une hausse importante.
Cette étude intitulée « Une tragédie à bas bruit : le fardeau mondial de la mortinatalité », évoque « 200 000 mortinaissances supplémentaires sur une période de 12 mois ». Un autre rapport publié par l’Ecole de santé publique John Hopkins Bloomberg estime même que « 13 pays pourraient enregistrer une augmentation d’au moins 20% du nombre de mortinaissances sur une période de 12 mois », rapporte l’OMS.
Selon le rapport conjoint de l’Unicef, de l’OMS et de la Banque mondiale, « la plupart des mortinaissances sont dues à des soins de mauvaise qualité pendant la grossesse et l’accouchement ». Or, la crise sanitaire a fortement réduit l’accès aux soins des femmes enceintes et augmenté la pauvreté de nombre d’entre elles.
Avant la pandémie, la situation n’était guère déjà pas reluisante pour les femmes issues des pays à revenu faible et intermédiaire. Dans ces pays, « avant que la pandémie entraîne de graves perturbations des services de santé, peu de femmes bénéficiaient de soins rapides et de qualité pour prévenir les mortinaissances ».
Sur les 2 millions d’enfants qui décèdent chaque année à la naissance dans le monde, 84% viennent des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. En 2019, indique le rapport, trois nourrissons sur quatre naissent sans signe de vie à 28 semaines de grossesse ou plus en Afrique ou en Asie du Sud.