SECTEUR ÉNERGÉTIQUE – Traitement structuré de dettes et plan de redressement mis à jour pour la Jirama

La Jirama rassure ses créanciers du privé. La société d’État expose sa stratégie de gestion structurée de dettes pour remédier à la situation des arriérés dus à ses producteurs indépendants d’électricité. Le sujet a été abordé lors de la réunion entre l’équipe dirigeante de la Jirama et de ses prestataires (IPPs), au siège de la compagnie, mercredi.

 

Face aux préoccupations de ces prestataires privés concernant le règlement des arriérés de paiement, les dirigeants de la Jirama parlent d’“efforts significatifs” qui ont déjà été engagés. Ils évoquent un traitement structuré de ces passifs ainsi qu’une amélioration progressive des paiements. Le processus bénéficie du soutien direct du Gouvernement et de la mobilisation des institutions financières, expliquent-ils

 

Plan de redressement

 

Si on s’en tient au plan de redressement financier de la Jirama de juin 2025, le règlement d’une partie ou de la totalité des dettes à travers des opérations de rachat de créances est une des modalités d’apurement des arriérés de cette société d’Etat envers ses prestataires privés. Ce sont les banques privées de la place qui seront sollicitées dans cette opération.

 

L’autre modalité d’apurement des arriérés de la Jirama envers le secteur privé c’est le paiement direct de l’Etat et de la Jirama sur une période de cinq ans. Celle-ci concerne les fournisseurs de carburant, les producteurs indépendants d’électricité et loueurs de groupes qui ne souhaitent pas opter pour la première option, selon ce document.

 

Mise à jour

 

D’après les dernières données fournies par le directeur général par intérim de la Jirama, le général de division Hajatiana Rasolomanana, la dette de la Jirama s’élevait à un peu moins de 2 000 milliards d’ariary au mois de février de cette année. Le président du Conseil d’administration de la compagnie, le général Itibar Ottman avait alors lancé que “il n’y aura jamais de redressement si la Jirama reste endettée”.

 

Ce plan de redressement est d’ailleurs “toujours en vigueur”, souligne le secrétariat général du ministère de l’Energie et des hydrocarbures, qui a pris part à cette rencontre. Des mises à jour sont néanmoins en cours suite aux événements survenus dans le pays, souligne-t-il.

 

Révision des contrats

 

Il a par ailleurs été souligné lors de cette réunion que la stratégie de redressement de la Jirama s’appuie sur un équilibre vital entre l’efficacité technique et la solidité financière. Tandis que la fiabilité de la production fournie par les IPPs forge l’image du service public auprès des usagers, la santé financière de la Jirama garantit, en retour, la pérennité opérationnelle de ces mêmes producteurs privés.

 

C’est dans cette optique de survie mutuelle qu’une révision des accords contractuels est engagée afin de mieux servir les intérêts respectifs de chaque partie. Cette révision ne sera toutefois pas systématique. Elle ciblera exclusivement les accords présentant des manquements aux clauses établies, conformément aux conclusions des rapports de l’Inspection générale de l’État (IGE), précise le PCA de la Jirama.

 

Photo : Jirama