MAntananarivo, 21 Mai, 8h40 – Les autorités en campagne de communication. Après le président de la République qui a mis l’accent sur les bénéfices que le pays en général et Toliara en particulier tireraient du projet Base Toliara, les membres du gouvernement montent au créneau pour apaiser les inquiétudes environnementales et sociales liées à ce projet d’extraction minière. Lundi et mardi, les ministres en charge des Mines et de l’Environnement se sont succédé pour s’exprimer sur le sujet.
“Il n’y a aucune exploitation prévue dans la zone protégée de Ranobe PK32”, martèle alors Max Fontaine, ministre de l’Environnement et du développement durable dans une vidéo publiée sur la page Facebook du ministère mardi. Il affirme que “95 % de la zone concernée par l’exploitation est surtout constituée de savanes et de broussailles”, et que “seuls quelques baobabs, situés hors de la zone protégée, pourraient être impactés”.
Le ministre reconnaît, certes, qu’“aucun projet minier au monde ne peut être totalement neutre pour l’environnement”. Mais il insiste sur l’engagement à limiter et compenser les impacts. Il met notamment en avant la volonté de la compagnie minière à restaurer les forêts et à mettre en place un programme de compensation écologique. Il évoque également les actions prévues pour soutenir la gestion des zones protégées.
Pour Max Fontaine, “l’ennemi de l’environnement n’est pas l’exploitation minière, mais la pauvreté”. Or, “ce projet prévoit des actions d’amélioration des revenus de la population riveraine”, rappelle-t-il, évoquant les emplois qui seront créés mais aussi des activités génératrices de revenu comme l’apiculture, entre autres. “Tout cela est prévu dans la mise à jour de l’étude d’impact environnemental et social (EIES) qui a été exigé de Base Toliara”, insiste le ministre.
Le ministre des Mines, Herindrainy Olivier Rakotomalala, de son côté, met l’accent sur les aspects scientifiques et techniques pour soutenir le projet. “Les cartes montrent que le site d’exploitation est éloigné des forêts des Mikea”, insiste le ministère. Il évoque également une “méthode d’extraction progressive, par blocs de 2 hectares, dans la couche supérieure de sable, sans toucher aux strates profondes ni aux forêts avoisinantes, comme celles des Mikea.
Les déclarations du gouvernement interviennent après celles de la Commission épiscopale Justice et Paix de l’Eglise catholique qui a récemment tenu son assemblée générale à Toliara et qui a axé son message sur l’exploitation des ressources naturelles à Madagascar. Dans sa déclaration Justice et Paix dénonce les exploitations “anarchiques, destructrices et irrespectueuses de la dignité humaine”, mais reconnaît néanmoins l’existence d’entreprises qui cherchent à respecter les normes humaines et environnementales.
La Commission Justice et Paix insiste alors sur la “nécessité de formaliser l’activité des petits exploitants”, de former les populations locales, et surtout d’assurer “une redistribution équitable et transparente des richesses”. Elle regrette que “le pays ne manque pas de ressources naturelles, mais la majorité des Malgaches vivent toujours dans la pauvreté”. Pour cette commission épiscopale, “la richesse n’est une richesse que si elle est productive et produit pour le bien de tous”.














