Madagascar est à la traîne en matière d’assurance. Alors que la norme africaine s’établit à 17 produits obligatoires, Madagascar n’en compte que cinq à ce jour, limitant ainsi la couverture des risques et le développement du secteur. Le gouverneur de Banky foiben’i Madagasikara (BFM), Aivo Andrianarivelo, a fait le point sur le secteur durant la présentation de la politique monétaire aux membres du secteur privé, la semaine dernière.
Les produits d’assurance obligatoires en Afrique varient selon les pays et les régimes. Mais ils incluent généralement des polices de santé, d’assurance-vie et d’indemnisation des accidents du travail. Mais les offres proposées au pays sont encore loin de la référence continentale, a exposé Aivo Andrianarivelo. “Nous devons impérativement rendre certains produits d’assurance obligatoires pour stimuler le secteur. Sans cette impulsion légale, les citoyens ne s’assurent pas et finissent par croire, à tort, que ces solutions ne sont pas proposées par les compagnies locales”, lance alors le gouverneur de BFM. Aivo Andrianarivelo note, par exemple, l’existence des assurances agricoles à Madagascar mais qui ne sont pas obligatoires.
Bien que la supervision des assurances par la Commission de supervision bancaire et financière (CSBF) soit récente, les réformes législatives ont néanmoins déjà permis d’intégrer des produits innovants comme les assurances numériques et indicielles. L’assurance agricole est déjà une réalité concrète à Madagascar, selon le secrétaire général de la CSBF, Seheno Ranaivoson. Une phase pilote est actuellement déployée dans le Sud, utilisant des indices de pluviométrie pour indemniser les paysans. Le secteur se modernise également via des partenariats avec le Mobile Money. Ceci afin de faciliter l’accès à des produits simplifiés pour le monde rural et favorisant ainsi la formalisation des activités agricoles.
En tout cas, ce n’est pas seulement un retard de quantité, mais un décalage stratégique qui sont observés au pays. À Madagascar, l’assurance est encore perçue comme une contrainte liée à la circulation ou au commerce extérieur, alors qu’ailleurs en Afrique, elle est devenue un moteur de résilience sociale et de financement de l’économie.
Avec un taux de pénétration oscillant péniblement entre 0,56 % et 0,60 %, le secteur de l’assurance plafonne sous la barre des 1 % du Produit intérieur brut (PIB). Le secteur reste confronté à un défi immense, entre une image de produit “élitiste” et une réelle méconnaissance des mécanismes, comme déjà soulevé par Nanjatiana Razakamanana, président de l’Association professionnelle des entreprises d’assurance à Madagascar (Apeam).
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