Un bras de fer qui s’annonce. La ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, dénonce la décision du Groupement des entreprises de Madagascar (GEM) de suspendre sa participation au dialogue public-privé et au sein du Conseil d’administration de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnaps). La Garde des sceaux accuse ce principal groupement patronal du pays de s’adonner à du chantage et à des pressions sur la justice alors que celui-ci déplore un traitement inégalitaire entre les administrateurs de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnaps) et sollicite une ordonnance de non-lieu en faveur de cinq de ses membres cités comme prévenus et placés sous contrôle judiciaire dans l’affaire SMGD – Cnaps (Société municipale de gestion digitale / Caisse nationale de prévoyance sociale).
“On peut légitimement se demander s’il n’y a pas là une tentative d’ingérence et de pression sur la justice, avec pour message implicite de ne pas les poursuivre même s’ils ont commis un délit », soulève Fanirisoa Ernaivo en marge de l’ouverture des trois jours d’examen stratégique visant à renforcer la lutte contre la corruption à Madagascar. Pour la ministre de la Justice pour laquelle il n’est pas question de suspendre les procédures engagées contre les membres du GEM, “personne n’est au-dessus de la loi”. Affirmant que le principal suspect, qu’elle désigne comme “auteur principal” dans l’affaire SMGD-Cnaps, est un membre du GEM, elle martèle que le dossier traîne parce que celui-ci est “en fuite”. Elle exhorte alors le GEM à “faire rentrer ce membre s’il veut que le traitement de l’affaire s’accélère”.
Fanirisoa Ernaivo ne semble d’ailleurs pas s’inquiéter que le GEM ne participe pas aux entités de gouvernance de prise de décision avec l’Etat. Évoquant un privilège, elle souligne que “le GEM n’est pas le seul à représenter le secteur privé à Madagascar”. “S’il n’est pas disposé à assumer son rôle dans ces instances, d’autres acteurs du secteur privé sont tout à fait disposés à le faire”.
S’exprimant aux côtés de sa minisitre de la Justice, le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison se veut plus apaisant. Selon le locataire de Mahazoarivo, “le gouvernement n’en tient pas rigueur au GEM”. Il soutient que “l’Exécutif maintient le dialogue, pleinement conscient que le secteur privé demeure le véritable moteur de l’économie”. Assurant que les discussions sont constantes, le chef du gouvernement se dit “convaincu que cette affaire finira par s’arranger, car l’État n’a aucunement l’intention de s’enliser dans un conflit permanent avec le secteur privé”.
Si l’on en croit le GEM, sur les 24 membres du Conseil d’administration de la Cnaps, seuls ses cinq représentants du font l’objet de poursuites dans cette affaire. Placés sous contrôle judiciaire, ils font également l’objet d’une enquête patrimoniale, selon le ministre de la Justice, ce qui implique un gel des avoirs, confie une source proche du dossier.














