Antananarivo, 18 Août, 7h05 – “Le Sommet a exhorté les États membres à adopter des stratégies régionales visant à renforcer la productivité agricole et la résilience climatique, en mettant l’accent sur l’agriculture intelligente face au climat, l’irrigation, les ressources côtières et la croissance économique régionale”. Les mesures destinées à transformer l’agriculture ont figuré en bonne place dans les conclusions du 45ème Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), dimanche.
Dans son discours à l’occasion de l’ouverture du Sommet, Elias M. Magosi, secrétaire exécutif de la SADC a rappelé que 60 millions de personnes, soit 17% de la population de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) étaient en situation d’insécurité alimentaire en 2024. Il évoque une “sombre réalité” qui fait de la transformation de l’agriculture “une urgence” pour la région.
Cette transformation de l’agriculture devrait permettre d’assurer la sécurité alimentaire, créer d’emplois décents ainsi que stimuler la croissance économique. L’agriculture contribue d’ailleurs à environ 33% du PIB de la SADC, dont 62% de la population y tirent leurs moyens de subsistance, poursuit encore Elias M. Magosi. “Des investissements adéquats et la modernisation du secteur sont ainsi essentiels pour libérer tout son potentiel”, lance-t-il.
Promouvoir l’agriculture ne consiste pas seulement à nourrir la population, souligne d’ailleurs le président de la Commission africaine de l’Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf. Il vise à “soutenir les communautés rurales” ainsi qu’à “créer des emplois durables”, expose-t-il. Ce responsable de l’Union Africaine recommande alors aux États de la SADC l’investissement dans l’agriculture climato-intelligente et le développement des industries agricoles. Et ce, tout en priorisant les jeunes et les femmes dans l’agribusiness, afin d’assurer l’inclusivité dans les économies rurales.
“Nous allons faire de la transformation agricole une priorité pour que le Sud puisse se nourrir par lui-même », lance alors le président de la République de Madagascar, et non moins nouveau président de la Sadc, Andry Rajoelina. Le Chef de l’Etat malgache insiste que la transformation agricole est la clé pour combattre la pauvreté. Selon lui, la souveraineté alimentaire de la Sadc est le socle de son indépendance économique. “Alors plantons aujourd’hui les graines de la prospérité, de la dignité et de l’autonomie pour que demain, nos peuples se nourrissent eux-mêmes”, exhorte-t-il.
Dans son discours d’acceptation de la présidence de la SADC, Andry Rajoelina n’a pas manqué de rappeler la citation qu’il dit avoir créée, “un bon père de famille est celui qui sait nourrir sa famille. Et un bon président est celui qui sait nourrir sa population”. C’est ainsi qu’ “en tant que président de la Sadc et président de Madagascar, je serai et je veux être un bon président pour notre population et pour notre communauté », déclare-t-il. Prenant exemple sur les actions de Madagascar, il soulève qu’en modernisant les méthodes de culture et en accompagnant les agriculteurs, les pays membres de la Sadc peuvent augmenter leurs rendements pour passer d’une agriculture de subsistance à une agriculture de transformation et d’exportation.














