Le dragage de Mandroseza est l’un des travaux à faire pour améliorer l’approvisionnement en eau à Antananarivo. Ce projet est dans le tuyau, mais des études d’impact environnemental et social doivent d’abord être menées. Le projet nécessite également 6 millions à 10 millions de dollars. Le Projet de mobilisation, protection et valorisation des ressources en eau (PMPV-REAU) travaille sur le sujet.
Pourquoi Mandroseza a-t-il du mal à approvisionner en eau Antananarivo ?
« Le problème avec Mandroseza, c’est qu’il est envahi par le sable et les sédiments à cause de la dégradation de l’environnement alentour. Si sa capacité initiale était de 1,600 million mètres cubes en 1901, année de sa création, et même dans les années 1940-1960, il était encore d’1,600 million mètres cubes, à l’heure actuelle il ne reste plus que 800 000 mètres cubes. L’eau pompée est de 200 000 mètres cubes par jour. Cela semble représenter beaucoup d’eau, toutefois on ne peut la pomper en totalité car seule une petite partie en surface est exploitable. Il faut donc augmenter la capacité de Mandroseza, retrouver son volume initial. La solution consiste à effectuer un dragage, à enlever tous les déchets qui sont sous l’eau et à le protéger”
Est-ce qu’on a une estimation des déchets qui seront retirés du lac si on effectue le dragage ?
« Comme je l’ai mentionné toute à l’heure, si le volume était de 1,600 million mètres cubes avant, il n’est plus que de 800 000 mètres cubes, cela signifie qu’il faudrait enlever près de 800 000 mètres cubes [de sédiments]. Toutefois comme il s’agit de dragage, on n’est pas obligé de tout retirer, mais au moins la moitié, c’est-à-dire 400 000 mètres cubes, pour que nous disposions d’un stock de 1,200 million mètres cubes. Si on suppose qu’il n’y ait pas d’autre apport d’eau, ces 1,200 million mètres cubes suffisent à approvisionner Antananarivo pendant 4 à 5 jours. Or ce cas n’est pas possible. Autrement dit, il est nécessaire de l’assainir, d’enlever les sédiments. L’avantage est que plus le volume s’accroît, plus les travaux de nettoyage diminuent, car l’eau devient plus claire à la surface en se décantant mieux. En fait, beaucoup d’avantages peuvent tirer du dragage. »
A combien s’élève à peu près la réalisation du dragage ?
« Si on voulait rêver et nettoyer complètement Mandroseza, il faudrait 6 à 10 millions de dollars. Mais si on veut par exemple entamer les travaux, disons qu’un million de dollars suffisent. L’argent dont dispose le projet PMPVREAU est peu mais on peut bien démarrer avec cela.
« L’étude d’impact est obligatoire. Si tout est enlevé, quels en seront les répercussions ? Cela ne concerne pas seulement les impacts pour Mandroseza, lesquels sont en général positifs. Mais là où on va déposer les déchets. Il est possible que des gens soient déplacés. C’est la PAR, ou la population affectée à relocaliser, qu’il faudra prendre en compte dans tout cela.
Le projet PMPRVEAU va mener une étude d’impact environnemental et social sur l’enlèvement des sédiments, car on ne pourra pas démarrer les travaux si on ne connaît pas les impacts environnementaux et sociaux. Parallèlement, nous disposons aussi d’une provision, et on peut envisager que pour l’entreprise qui effectuera le dragage, l’Etat apportera sa contribution par l’intermédiaire du projet PMPVREAU financé via un prêt auprès de la Banque africaine de développement (BAD).













