Antananarivo, 26 Août, 12h00 – “Je le répète encore, le ‘nendrana gidro’ (variole du lémurien) n’existe pas. C’est le ‘nendrana rajako’ (variole du singe) qui sévit actuellement”. Le professeur Jonah Ratsimbazafy, primatologue, président du groupe d’études et de recherche sur les primates de Madagascar (GERP), dénonce la traduction de l’expression “variole du singe”, ancienne appellation de la maladie Mpox (MonkeyPox), en “nendran’ny gidro”.
Pour ce spécialiste des lémuriens, les “lémuriens”, que l’on appelle en malgache ‘varika’ ou ‘gidro’ sont différents des singes, ‘rajako’. Les deux espèces sont toutes les deux classées comme “primates non humains”, reconnaît-il, mais elles sont différentes. Dans une publication sur son compte Facebook, le chercheur rappelle que “les lémuriens sont issus des primates prosimiens, c’est-à-dire qui datent d’une période antérieure aux singes”. Il souligne que les prosimiens sont apparus il y a 64 millions d’années, alors que les simiens, les ancêtres des singes, sont apparus il y a 34 millions d’années.
Arrivés à Madagascar avant même l’apparition des singes, il y a 47 à 54 millions d’années, selon le professeur Jonah Ratsimbazafy, les prosimiens de Madagascar ont évolué de façon indépendante et de façon isolée, loin de la concurrence des singes. “C’est sans doute pourquoi les prosimiens de Madagascar ont évolué en de nombreuses espèces, atteignant plus de 112 espèces alors que le monde entier compte environ 750 espèces de primates”, indique-t-il, insistant sur la différence entre les primates prosimiens et les primates simiens.