Pour Toavina Rasolofoson, l’aventure dans le scoutisme a d’abord débuté dans le cadre familial. Influencé et encouragé par ses proches, il rejoint le mouvement scout unioniste de Madagascar, les Tily Eto Madagasikara, à 6 ans. Depuis, il a gravi les échelons au sein du mouvement, et il est actuellement premier responsable de l’éducation dans la branche des ainés. Pour Toavina Rasolofosona, le scoutisme est une école de la vie. Auprès des scouts, il s’est amusé, il a accédé à une autonomie, il s’est forgé un réseau d’amis, il a beaucoup appris, … il a surtout grandi et mûri. Rencontre.
Je suis Toavina Rasolofoson. Je suis attaché de projet au sein d’une organisation de la société civile. Je suis aussi responsable d’une association de jeunes et formateur en droits humains auprès des Nations unies. Au sein du mouvement scout unioniste de Madagascar (Tily eto Madagasikara), je suis le premier responsable de l’éducation dans la branche des ainés. Je travaille surtout avec des jeunes de 19 à 25 ans.
Votre parcours de scout a débuté à quel âge ?
« Je suis chez les Tily eto Madagasikara, depuis mon enfance. J’ai débuté à 6 ans, en tant que louveteau. Dans ma famille, tout le monde était engagé dans le scoutisme. Mes ainés et mes parents m’ont inculqué les valeurs du mouvement. J’ai vécu cette vie de scout dès l’enfance, jusqu’à maintenant. »
Qu’est-ce que le scoutisme vous a apporté ?
02 : 49 – 02 : 57 « Premièrement, le leadership. Dès l’enfance, on t’apprend à être responsable d’un groupe. »
03 : 10 – 03 : 25 « Je pense que c’est le plus grand apport, qui fait la différence, outre les compétences techniques acquises chez les Tily. Personnellement, que ce soit au niveau professionnel ou dans la vie de tous les jours, Tily eto Madagascar a façonné mon leadership. »
Vous occupez maintenant un poste à responsabilité, pouvez-vous nous citer des connaissances acquises chez les scouts et que vous mobilisez toujours au quotidien ?
« Le scoutisme m’a vraiment beaucoup appris sur mon métier actuel. En résumé, je voudrais évoquer trois raisons. En premier, cet état d’esprit d’accepter l’organisation mise en place par son supérieur hiérarchique et de ne pas agir n’importe comment. Sur le plan professionnel donc, il faut toujours opérer ainsi et donner le meilleur de soi-même. Deuxièmement, il y a la fameuse « responsabilité envers Dieu, envers les autres et envers soi ». Dans n’importe quelle circonstance, à l’école ou sur le plan professionnel, il n’est pas question de soi d’abord. Il faut en premier lieu s’interroger sur « les impacts vis-à-vis de Dieu et envers les autres ». » Et enfin, il faut toujours agir pour la nation. Nous avons fait le serment de servir Dieu, de travailler pour la patrie et les autres. C’est ce qui me motive pour ne pas être passif, mais plutôt à prendre ses responsabilités, dans n’importe quel domaine, par n’importe quel moyen. Œuvre caritative, expression de son opinion, ou en faisant preuve de leadership. »
Vous êtes toujours actif chez les scouts. Comment faites-vous pour allier activités professionnelles et activités associatives ?
« C’est surtout mes week-ends qui sont consacrés au Tily Eto Madagasikara. Après, cela pourrait s’étendre dans le temps, comme aujourd’hui par exemple. Professionnellement, cela ne me pose pas beaucoup de problème. D’autant plus que je suis toujours en contact avec les jeunes dans mon travail. »
Vos meilleurs souvenirs chez les scouts ?
« En résumé, il y en a trois. Mon premier grand souvenir, c’était quand j’ai assisté à l’événement national « Lomay » en 2006. C’était une activité ludique organisée par la « sampana Maitso ». C’était des jeux techniques. J’ai pu découvrir comment on organisait ces événements au niveau national. Ensuite, il y avait le « rodorodo », quand j’étais avec les « sampana Mena ». J’ai pu parcourir 150 km à pied. Il y avait aussi la vie de groupe. C’était en 2014. Enfin, il y a eu le camp Ravinala à Vatomandry. J’y ai vraiment été façonné pour être un bon leader et par l’environnement alentour. »
Est-ce que vous encourageriez vos enfants à s’engager dans le scoutisme ?
« Si je me livrais à une petite rétrospective, je dirais que je ne serais jamais arrivé là où je suis, si je ne m’étais pas engagé avec les Tily Eto Madagasikara. Je ne serais jamais aussi patriote. Je n’aurais jamais le courage d’endosser autant de responsabilités et de devenir acteur de la société. J’aurais été tenté de m’enfermer chez moi et je n’aurais pas eu d’amis. Dans le futur, je n’imposerai pas à mes enfants d’intégrer le mouvement. Mais, je leur apprendrai le monde du scoutisme. Nous leur montrerons que maman et papa ont évolué dans un tel cadre. C’est à eux de choisir après. »













