Antananarivo, 28 Avril, 6h15 – Tension à Toliara dimanche. Une opération indiquée comme étant une saisie de bovidés par les forces de défense et de sécurité a dégénéré en affrontements entre les éléments des forces de l’ordre et des habitants d’Ankilivalo, commune d’Ankilimanilike, Toliara II. Le vice-président de l’Assemblée nationale, député élu à Toliara I, Siteny Randrianasoloniaiko, évoque des blessés parmi les manifestants.
Selon l’Etat-major mixte opérationnel de la région du Sud-Ouest, une première manifestation a eu lieu dans le chef-lieu d’Ankilimalinike alors que les forces de l’ordre étaient en train de transférer 48 zébus qu’elles venaient de saisir à Ankilivalo, Benetsy, suite à de nombreuses plaintes de vol contre le propriétaire du parc dans lequel ces bovidés ont été saisis. L’Emmo Reg rapporte ensuite que des habitants de ce village sont venus récupérer les bovidés en question au moment de la réquisition de fourrière.
“Ils ont été de plus en plus nombreux et ont été particulièrement violents, en jetant des pierres et en s’adonnant à d’autres actes de violence”, raconte l’Emmo Reg à la presse. Elle confie alors avoir dû quitter les lieux “pour éviter que la situation ne dégénère et pour éviter que le sang ne soit versé”. “D’ailleurs, les zébus étaient déjà sous la responsabilité de la commune”, poursuit l’un de ses membres. Les forces de l’ordre indiquent néanmoins avoir dû recourir à des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants et pour pouvoir se retirer.
Les manifestations ne se sont pas pour autant arrêtées. Après le départ des forces de défense et de sécurité, les habitants ont pu prendre possession des zébus saisis et les ont ramenés à Ankilivalo-Benetsy, avant de dresser des barrages sur la route nationale RN9, au niveau de leur village. Les forces de l’ordre évoquent des troncs d’arbres abattus et d’autres obstacles érigés sur 200m de route, paralysant complètement la circulation sur la route. Elles rapportent même des véhicules caillassés au niveau de ces barrages.
Face à l’ampleur des manifestations, des renforts ont été dépêchés depuis Toliara. Les forces de l’ordre ont entamé des opérations de dispersion aux alentours de 16h30 et n’ont pu rétablir totalement la circulation qu’en début de soirée, vers 18h00. Les autorités insistent sur le fait qu’“aucune arme à feu n’a été utilisée, et que seules des grenades lacrymogènes ont servi pour maîtriser la foule”, conformément aux principes de gestion démocratique des rassemblements. Elles rapportent en même temps le “port de fusils de chasse et de lances par les manifestants”.
Parallèlement, le vice-président de l’Assemblée nationale et député élu à Toliara I, Siteny Randrianasoloniaiko, souligne qu’un habitant a été grièvement blessé par balle au ventre et que plusieurs personnes ont été blessées lors des affrontements. Il indique que “la colère des habitants, déjà présente en raison du projet minier Base Toliara, a été attisée par l’intervention des forces de l’ordre”. Des manifestants interrogés par les médias locaux accusent d’ailleurs les forces de l’ordre d’être à la solde de la compagnie minière.
Mais les autorités policières démentent fermement cette assertion, dénonçant un pur problème de « rébellion » et de « non-respect de la loi », sans lien avec le projet minier. Elles annoncent leur détermination à prendre toutes les mesures nécessaires pour restaurer et maintenir l’ordre public dans la région.
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