Un écart d’activité persistant entre la haute et la basse saison dans le secteur touristique malgache. Key Saphira Lanjaniaina, Tourism executive chez Blueberry Travel évoque une différence particulièrement visible dans les chiffres de fréquentation. “Le gap des chiffres entre la haute et la basse saison est flagrant. On enregistre en moyenne environ 75 % d’écart entre ces saisons”, confie-t-elle lors de la présentation des produits de l’agence à l’occasion du Tsenaben’ny fizahantany, qui s’est clôturé samedi dernier.
Cette situation reflète une réalité bien connue des professionnels du secteur. À Madagascar, la fréquentation touristique connaît généralement un pic entre les mois de juillet et août, période correspondant aux vacances dans plusieurs pays émetteurs de touristes, tandis que le début de l’année reste nettement plus calme.
Période peu rentable
Pour certains établissements, cette variation d’activité se traduit par des décisions opérationnelles concrètes. Des opérateurs présents lors de l’événement indiquent que certains hôtels situés dans le Sud du pays ferment temporairement leurs portes pendant environ un mois et demi au début de l’année, une période jugée peu rentable. Dans le Nord, d’autres acteurs du secteur affirment concentrer l’essentiel de leurs activités durant la saison des grandes vacances, notamment entre juillet et septembre.
Dans certains cas, ces établissements restent ouverts de manière ponctuelle en dehors de cette période, principalement lorsqu’une réservation importante ou une privatisation est demandée par un client. Cette stratégie vise à limiter les charges d’exploitation tout en conservant une certaine flexibilité commerciale.
Stabilité des revenus
Au niveau national, la question de la saisonnalité constitue un enjeu pour la stabilité des revenus du tourisme. Les acteurs du secteur plaident depuis plusieurs années pour une meilleure répartition des flux touristiques sur l’ensemble de l’année, notamment à travers la diversification des produits et des activités proposés aux visiteurs.
Ceci afin d’éviter que, durant la basse saison, certains établissements soient contraints de fermer temporairement pendant plusieurs semaines, ce qui a également des répercussions sur l’emploi et les activités économiques connexes.
Dans ce contexte, “la désaisonnalisation du tourisme doit figurer parmi les pistes envisagées pour atténuer ces fluctuations et permettre au secteur de maintenir une activité plus régulière tout au long de l’année”, conclut Key Saphira Lanjaniaina.














