“Tous les agents sont appelés à assurer leur service”. Le ministère des Transports et de la météorologie indique avoir réquisitionné les agents de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna) à la veille du mouvement de grève annoncé pour les 5, 6 et 7 août. Assurant ne pas vouloir interdire un tel mouvement social, le ministère évoque néanmoins le statut unique du personnel de l’agence pour expliquer sa décision. La mesure vise, selon le ministre Herizo Ramanambola Andrianavalona, à garantir la continuité des services de navigation aérienne et à éviter toute perturbation du trafic au départ et à destination de Madagascar.
Joint au téléphone, le ministre rappelle que les agents de cette organisation intercontinentale sont soumis à un statut unique commun aux 19 États membres, et non au droit du travail de chacun de ces pays. Il rappelle qu’une résolution adoptée par le Comité des ministres de l’Asecna en juillet 2023 a renforcé l’obligation faite aux agents “d’assurer, à tout moment et en toute circonstance, la continuité du service public de sécurité de la navigation aérienne”. Il met également en avant le statut unique du personnel qui prévoit que chaque agent s’engage, dès la signature de son contrat de travail, à assurer cette continuité de service.
Pour le ministère, le maintien des services est indispensable afin d’assurer notamment les évacuations sanitaires, les vols militaires ainsi que l’ensemble des opérations liées à la sécurité de la navigation aérienne. Il souligne qu’en vertu du statut unique, le non-respect de cette obligation de continuité constitue une faute lourde pouvant entraîner la résiliation immédiate du contrat de travail. Il précise également que les sanctions éventuelles relèvent des dispositions disciplinaires de l’Asecna.
A en croire le ministère, les revendications des agents de l’Asecna portent principalement sur une diminution des rémunérations liée aux fluctuations des taux de change. Or “le gouvernement malgache n’est pas compétent pour décider des rémunérations des agents de l’Asecna”, souligne le ministre. Cette question relève de la direction générale de l’Asecna qu’il indique avoir déjà contacté sur le sujet, bien avant l’annonce du mouvement social.
Selon le ministre, une visite du directeur général de l’Asecna à Madagascar avait même déjà été prévue du 3 au 8 août à sa demande, mais la menace de grève avait conduit ce haut responsable à annuler son voyage. Celui-ci a alors décidé d’envoyer à sa place le directeur des ressources humaines et un consultant afin de poursuivre les discussions avec les employés.
Herizo Ramanambola Andrianavalona rapporte également qu’une feuille de route a déjà été adoptée par l’Asecna, prévoyant une réponse aux revendications des agents à partir de 2027, après les études prévues en 2026. Les syndicats demandent pour leur part une application anticipée de ces mesures ou, à défaut, le versement d’un rappel correspondant au second semestre 2026.















