Antananarivo, 17 Juin, 15h05 – Le poids des taxes pèse lourd dans la structure du prix du billet d’avion de Madagascar Airlines. Elles constituent 60% du coût du billet lui-même. Le revenu de la compagnie nationale comprenant la surcharge carburant, l’achat et l’entretien des avions, le coût du repas et des boissons servis à bord, les charges liées au marketing et à la publicité ainsi que la marge commerciale, correspond lui à 40% du prix du billet proposé aux voyageurs, notamment des vols domestiques, indique Madagascar Airlines.
Parmi ces taxes, il y a la surcharge carburant dénommée taxe YQ qui est relative aux dépenses de sécurité et aux primes d’assurance et qui dépend également de la fluctuation du prix du pétrole. A celle-ci s’ajoute les taxes G9 pour Ravinala Airports ou A5 pour les autres gestionnaires d’aéroports. Il s’agit d’une taxe liée à l’utilisation des aéroports, calculée au prorata du nombre de passagers embarqués à bord, détaille la compagnie nationale.
Il y a parallèlement la Taxe à valeur ajoutée (TVA) à hauteur de 20% du revenu de Madagascar Airlines sur ses vols domestiques, la taxe MG qu’elle verse pour le fonctionnement de l’aviation civile de Madagascar (ACM) et la taxe YR qui représente tous les frais de gestion et les coûts liés à une réservation.
Il faudrait ainsi travailler sur ces taxes pour pouvoir proposer des billets moins chers, avance cette compagnie en marge du salon International du tourisme (ITM). Il y a également le volet carburant à revoir. Madagascar Airlines, en tant que compagnie nationale, regrette de ne pas bénéficier de tarif moins cher de carburant comme c’est le cas des autres compagnies aériennes au niveau de leur pays d’appartenance.
Dans son Diagnostic du secteur privé, la Société financière internationale (SFI) indique que le coût du carburant entrave le plan de redressement financier de la compagnie aérienne nationale ainsi que les projets d’ouverture de nouvelles lignes dans la région et de développement du tourisme. Cette institution financière ajoute que les prix du carburant varient selon les régions, laissant les nouvelles destinations touristiques à fort potentiel, telles que Taolagnaro et Morondava, avec certains des coûts les plus élevés.
Plusieurs pistes sont avancées pour réduire les prix du billet d’avion. La présidente du conseil d’administration de la Confédération du tourisme de Madagascar (CTM), Aina Raveloson, plaide pour qu’il y ait plus de concurrence, de compagnies aériennes et de lignes offertes. Elle explique en effet que certaines destinations touristiques d’Asie reçoivent 300 vols par jour. C’est environ 350 vols par semaine à Maurice. Madagascar pour sa part n’est même pas à 70 vols hebdomadaires, indique-t-elle. Les taxes payées par les compagnies ainsi que le coût des carburants doivent aussi être revues. « Ce sont des facteurs qui augmentent les charges des compagnies, qu’elles répercutent dans le billet d’avion », fait-elle remarquer.
L’insuffisance et la non-compétitivité des liaisons aériennes font par en tout cas partie des contraintes majeures auxquelles se heurte l’augmentation de l’offre et de la demande touristiques, selon la SFI. L’insuffisance des infrastructures et des normes aéroportuaires empêche en même temps les aéroports secondaires d’obtenir la certification internationale et limite leur aptitude à répondre à l’évolution de la demande.














