Antananarivo, 03 Juin, 23h45 – Turbulences à la tête d’Air Madagascar. Rolland Ranjatoelina, ministre des Transports et de la météorologie, écarte Rinah Rakotomanga et de Mamy Rakotondraibe, du conseil d’administration de la compagnie aérienne malgache. « J’ai abrogé la nomination des deux représentants du ministères des Transports [ au sein de Air Madagascar] (…) Ils ne sont plus administrateurs », soutient le membre du gouvernement en marge d’une visite dans les locaux de ladite compagnie, ce vendredi.
Le communiqué du ministère précise qu’il s’agit de Rinah Rakotomanga et de Mamy Rakotondraibe. Ce sont, respectivement, la vice-présidente et le président du conseil d’administration de Air Madagascar jusqu’au moment de la décision prise par Roland Ranjatoelina.
Rolland Ranjatoelina souligne qu’« il y a un moment pour se taire et un moment pour agir (…) Nous allons prendre des mesures et nous allons travailler », soutient-t-il. Le membre du gouvernement réitère les divergences de points de vue entre son ministère et le conseil d’administration de Air Madagascar, soulevées depuis quelques temps.
Le ministre des Transports et de la météorologie explique que le mandat des deux représentants de son département au sein du conseil d’administration de Air Madagascar « n’est pas conforme à la vision du ministère ». Il énumère quelques dossiers prévus dans la feuille de route proposé par ledit conseil d’administration, à commencer par Madagascar Airlines « car c’est un montage qui ne colle pas ».
Dans son intervention, le membre du gouvernement évoque son désaccord pour la location d’un Boeing 787 qu’il considère comme « trop cher ». « Nous n’avons pas de prestige à défendre pour louer un avion, qui, certes, est de qualité, mais qui coûte trop cher pour une compagnie en difficulté », avance-t-il, comparant le prix de location de l’avion à un Airbus A 330 « qui coûte 250.000 euros mensuel ».
Le ministre des Transports et de la météorologie donne également sa version concernant l’idée d’une location d’un Embraer 190. « On a parlé de son arrivée dans trois, quatre, puis six mois. La raison en est simple. Je peux vous confirmer que personne ne veut nous louer son aéronef », avance-t-il, évoquant la question de solvabilité « pour faire face à tout ça ».
Le 6 Mai, Rolland Ranjatoelina avait déjà laissé entendre son désaccord sur le business plan proposé pour Air Madagascar. « Il y a un moment pour se taire (…) Maintenant, nous allons prendre plusieurs mesures pour pouvoir travailler », indique-t-il ce vendredi, promettant de s’attaquer à la dette « colossale » d’Air Madagascar, placé en redressement judiciaire.
Le ministre rappelle la dette de 80 millions de dollars de la compagnie « dont 40 millions vis-à-vis de l’Etat ». « C’est ma responsabilité de la négocier », indique-t-il. « Il existe 20 autres millions de dollars de dette vis-à-vis de l’Etat français. Je compte la négocier dans un cadre bilatéral », prévoit-il, espérant la hausse du chiffre d’affaires de la compagnie pour résorber le reste de la dette. Il concède que la mission « n’est pas simple, mais faisable ».














