Antananarivo, 2 Octobre, 17h00 – La majorité et l’opposition ne se sont pas entendues sur une décision de sortie de crise, après deux jours de réunion. Alors que les partisans du président de la République proposent la mise en place d’un gouvernement d’ouverture, les députés de l’opposition refusent de participer au processus si les revendications des manifestants ne sont pas prises en compte au préalable.
“Compte tenu de la situation actuelle, la proposition du nom du Premier ministre a été étendue aux autres groupes parlementaires pour marquer notre ouverture”, indique un communiqué lu ce jeudi après-midi par le député Fanomezantsoa Andrianjanahary, élu à Manandriana et président du groupe parlementaire Union des parlementaires républicains (UPAR). A l’entendre, cette ouverture devrait “se poursuivre jusque dans la formation gouvernement”. Il en appelle donc “à toutes les forces vives du pays pour participer” à ce processus “afin de redresser le pays”.
Les députés du groupe parlementaire Firaisankina, pour leur part, rejettent le communiqué que l’élu de Manandriana a lu au nom de “tous les membres de l’Assemblée nationale”, selon ses termes. “Le groupe parlementaire Firaisankina n’était pas présent et ne cautionne pas la lecture du communiqué”, martèle le député Fidèle Razara Pierre, élu à Ambatondrazaka à la presse. “Il est vrai qu’il y a eu des discussions pour trouver des solutions de sortie de crise, mais nous avons posé comme préalable indiscutable le respect du droit fondamental à la liberté d’expression”, poursuit-il.
Mercredi, une première réunion a déjà eu lieu entre les représentants des groupes parlementaires de l’Assemblée nationale afin de trouver une solution de sortie de crise. Aucune décision consensuelle n’ayant été trouvée, une autre réunion a eu lieu ce jeudi.
De leur côté, les dirigeants de l’Alliance Firaisankina ont déjà annoncé leur refus de participer à un éventuel gouvernement d’ouverture. Dans un communiqué conjoint, ils ont qualifié de “trahison envers la population malgache et la patrie, ainsi qu’un mépris des vies perdues lors des manifestations” toute participation au prochain gouvernement envisagé par le président de la République.
Le président de la République Andry Rajoelina avait annoncé lundi la dissolution du gouvernement et la nomination d’un nouveau Premier ministre. Il s’était donné un délai de trois jours après son adresse à la nation pour recevoir la proposition venant des députés selon l’article 54 de la Constitution et nommer le chef du gouvernement dans la foulée.














