VANF ANTRANONKALA – Misère et drames du charbon

La mère de famille avait cinq enfants, âgés de 10, 6, 3, 2 ans et un dernier de 5 mois. Une
famille nombreuses comme on en rencontre trop souvent sans qu’on sache si c’est la
pauvreté qui engendre les naissances multiples ou si c’est la démographie galopante qui
enracine dans la misère.
Le nom de Sahanivotry était sorti de son anonymat, quelque part sur la RN7, avec la
construction d’une centrale hydro-électrique. Le projet comprend également le boisement
de 40.000 arbres dont il faut souhaiter qu’ils ne servent pas au charbonnage. C’est en
effet dans cette commune qu’une famille de producteurs de charbon fait malheureusement
la Une des faits divers nécrologiques.
Le charbon est à l’hydro-électrique ce que le silex de Crô-Magnon est au briquet Zippo ou
Bic, un stade primaire de civilisation. Pourtant, pour que le charbon continue de se
fabriquer, c’est qu’il continue de se vendre, certaines familles bien pensantes persistant à
considérer du meilleur chic la cuisson lente au charbon ou au «kitay». Un recel très
bourgeois du pillage des forêts, dans une posture d’autant plus criminelle qu’elle est en
toute conscience.
«Savoir pour sauver» est par ailleurs le titre choisi par l’UNESCO pour conscientiser
contre les grossesses trop nombreuses, les grossesses trop rapprochées, les grossesses
trop précoces et les grossesses trop tardives. C’est qu’en 2020, des femmes continuent
de tomber continuellement enceintes comme les arrière-grands-mères d’il y a un siècle.
Le discours de la lutte contre la pauvreté n’insiste pas suffisamment sur l’urgence et la
nécessité d’une planification familiale obligatoire : outre qu’elle permettrait d’éviter décès
et invalidités chez les mères et les enfants, elle réduirait déjà le nombre de bouches
qu’une économie de tiers-monde ne saurait nourrir.