«Rosa-Ampitatafika», «Fidy-Andoharanofotsy», «Noella-Ivato-Tsena»… Les apprentis, qui s’étaient inscrits dans ces auto-écoles des communes autour de la Capitale FIV/ANTA/REV (Fivondronana/Antananarivo-Renivohitra), ont-ils donc dû pratiquer conduite et théorie dans les rues de la Capitale ? Ce qui signifierait un caractère encore rural de l’ensemble des communes alentour qui n’offriraient même pas les conditions minimales d’une circulation «urbaine» : intersection, carrefour, rond-point… Que des rues à sens unique. Une seule voie principale dont on ne s’écarte que pour la ruelle vers son domicile.
Dans les conditions d’équipement, qu’on connaît des communes autour d’Antananarivo-Ville, ce topo est très vraisemblable. D’où l’autre question : des apprentis, qui auraient conduit uniquement dans ces conditions «basiques», et sans préjudice des manœuvres de base redoutées par tous les apprenants (créneau, démarrage en côte), sont-ils au même niveau de qualification que les habitués de la circulation tananarivienne ? Qualifications «tananariviennes» d’ailleurs de plus en plus relatives ces dernières décennies avec la disparition des panneaux de signalisation et l’absence de marquage au sol : un Code de la route «aux us et coutumes» ne diffère finalement pas beaucoup d’un Code de la route «rural».
La réalité des auto-écoles illustre un acte manqué de toujours à Madagascar : la décentralisation. Tout se ramène à Antananarivo, toutes les routes mènent à Antananarivo. Situation d’autant plus marquée ici que le manège des auto-écoles à Tsimbazaza se passe au double voisinage d’une énième agence de la BNI et de l’annexe d’un Ordre hospitalier. L’existence à Tsimbazaza de cette annexe du Centre Hospitalier Saint-Benoît Menni d’Imerintsiatosika est déjà déconcentration. La dissémination des agences bancaires participe également de la démarche de décentralisation : la BNI revendique d’ailleurs d’être «la première banque malagasy de proximité».














