Produire «Vita Gasy», acheter «Vita Gasy», consommer «Vita Gasy». Le coronavirus nous aura ramenés à des résolutions de premier bon sens. Pourquoi gaspiller notre argent à acheter chez autrui, à faire tourner son industrie et alimenter son économie, si on peut produire la même chose à Madagascar ?
Chaque pays du village planétaire se pose désormais la même question. Il paraît bien loin le temps, hier en fait, où le monde entier achetait du «Made in China» sans plus y réfléchir.
Cet éveil du reste du monde, la Chine ne peut que s’en vouloir à l’habitude de certaines de ses populations de consommer des animaux exotiques, foyers naturels de virus qui n’auraient jamais dû passer chez l’homme. Pas de petit délice chauve-souris, pas de virus inconnu à l’organisme humain, pas de toux suspecte, pas de confinement de Wuhan, pas de pandémie planétaire, pas de prise de conscience patriotico-nationaliste sur notre île.
Maintenant, les Malgaches vont fabriquer leurs aiguilles, leur fer, leur aluminium, leur acier, leurs sous-vêtements leurs chaussures, leurs nouilles, leurs conserves. Ils le font déjà très bien pour leurs biscuits, leurs yaourts, leur bière… À une époque, IMI 1987, Madagascar aurait déjà pu produire ses Karenjy de Fianarantsoa, ses catamarans de Mananjary, ses avions d’Antsirabe…
Cette démarche commence chez soi, dès le réveil. Mon rasoir, ma brosse à dents, mon dentifrice, mon gel douche, mon shampooing, ma serviette de bains : quel est «Vita Gasy» ? Le papier-Q, l’essuie-tout, la serpillière, le chiffon-jaune : quel est «Vita Gasy» ? Le gaz, les allumettes, le riz long de luxe : quel est «Vita Gasy» ?
Cet inventaire aurait eu pour titre «Choses et pas d’autres». Prévert aurait osé.














